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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 15:53

Poussée par l’irrépressible envie de me sentir utile et de sortir du train-train métro-boulot-dodo (ou plutôt boulot-dodo, j’ai la chance de pouvoir aller travailler à pied), j’ai commencé à farfouiller et à me renseigner sur différentes associations qui militaient pour des causes qui me tiennent à cœur, dont la protection des animaux. Une en particulier a attiré mon attention : elle fonctionne par le biais de foyers d’accueil et dispose en plus d’un petit local au cœur de la ville qui accueille les chats abandonnés. Cela me permettait d’être à la fois foyer d’accueil, et de pouvoir également me rendre utile sur place en faisant un brin de ménage ou en accueillant les futurs adoptants lors des portes ouvertes. J’étais ma foi fort enthousiaste, et j’avais hâte de commencer ma nouvelle mission.

 

Coup de fil à la responsable de l’association. Nous échangeons rapidement et elle me donne rendez-vous pour le dimanche matin à 8H30. Aouch.

 

Oui mais bon, je n’ai pas beaucoup d’autres disponibilités dans la semaine.

 

La cause animale le vaut bien.    

 

Je ferai une sieste l’après-midi.   

 

Et puis de toute façon je n’ai pas vraiment besoin de dormir.

 

Prudente, je lui demande tout de même si elle peut me fournir le numéro de téléphone de la bénévole qui doit assurer le ménage avec moi ce matin-là (en cas de pépin, ça peut toujours servir). Réponse pour le moins surprenante « Ah non on ne communique plus le numéro des bénévoles, on a eu trop de soucis ». Euh oui, mais bon à priori moi aussi je suis bénévole là, non ? Non ? Bon, il faut que je fasse mes preuves d’abord et que je prouve que je ne suis pas une psychopathe qui zigouille des chatons sur ma table de cuisine et passe ses soirées à harceler des bénévoles. Ça ne devrait pas être trop difficile. Je ne bronche pas et accepte, docile.   

 

Dimanche matin, Pépette (Pépette, c'est moi, ne me demandez pas pourquoi j'ai choisi ce surnom), toujours aussi motivée, se lève à l’aube, et prend même le temps d’aller acheter des petites friandises à la seule boulangerie du coin ouverte pour nous mettre du baume au cœur et me faire accepter par ma nouvelle copine-bénévole. J’arrive au local de l’asso à 8h30 pétantes. Personne. Les minutes s’égrènent, toujours personne. Je commence à m’impatienter, d’autant qu’il fait froid dans ma voiture, que je suis fatiguée, et qu’il est 8h30 un dimanche matin, merde ! A 8h45, j’ai déjà décidé que les friandises resteraient bien au chaud dans la voiture et que je les partagerais avec mon amoureux à mon retour. A 9h, je décide tout de même de laisser un message à la responsable de l’asso en lui signalant que ça fait 30 min que j’attends et que si elle pouvait passer un coup de fil à la bénévole-qui-n-est-plus-trop-ma-copine ça me rendrait bien service. Miracle, à 9h10 une femme d’une quarantaine d’années se pointe. Je la salue, elle me salue. Je lui dis, sur un ton poli : « C’était pas à 8h30 le rendez-vous ? », « D’habitude si mais là je n’ai pas eu le temps d’arriver plus tôt ». Inutile de préciser que j’étais déjà à ce moment-là assez énervée et que son explication n’a pas inversé la vapeur ! Elle ne prend pas la peine de se fendre d'une excuse, rien, nada.   

 

Nous rentrons dans le local. Première impression : une odeur terrible d’urine de chat m’envahit les naseaux. Je ne m’en formalise pas, c’est bien normal, mais c’est vrai que ça soulève le cœur quand on manque d’habitude. Micheline, à ma demande, commence à m’expliquer la façon dont il faut procéder. « Alors, quand le chat a mis de la litière autour de son bac, pour éviter de ramener des germes dans la cage, surtout on ne ramasse pas la litière avec une pelle mais directement avec les mains nues, après se les être lavées évidemment » Stupeur et tremblements. Devant mon air ahuri, Micheline croit bon de préciser, avec un ton passablement agacé « Bah oui quand on aime les animaux on n’a pas peur de se salir ! » Je vous précise à ce stade que j’ai deux chats, et que malgré tout l’amour que je leur porte, je n’ai jamais ramassé leur litière à mains nues. J’aurais aimé répondre à Micheline qu’il faudrait peut-être songer à leur lécher le c… après qu’ils aient fait caca, ce qui leur éviterait d’avoir à se lécher et de se salir la langue, mais j’ai simplement dit « Ou sinon on utilise du sopalin ». Silence. Réponse : « Oui, aussi ». Quel duo de choc. Micheline finit ses explications, et me voilà en train de nettoyer des litières, remplir des gamelles, cajoler des chats. J’adore les chats, et je suis heureuse d’être là, mais j’aurais préféré être en meilleure compagnie ! L’heure des portes ouvertes arrive, d’autres bénévoles s’engouffrent dans le local avec leurs petits protégés qu’ils viennent présenter à l’adoption. J’ai le secret espoir d’avoir un meilleur feeling avec l’un d’entre eux. Que nenni. Il s’avère qu’ils sont tous ce que j’appelle désormais des « extrémistes des chats ».    

 

Un extrémiste des chats a au minimum 8 chats chez lui. Il connaît tout du chat, de ses comportements, et pratique allègrement l’auto-médication. « Il a l’œil rouge ? Ah bah tu lui mets du collyre X, tu trouveras ça en pharmacie », « Il a la diarrhée ? ¼ de smecta dans du yaourt » Les conseils donnés ne sont pas forcément mauvais, mais je trouve personnellement dangereux de ne pas passer par la case « vétérinaire » dont c’est le métier ! L’extrémiste des chats aime tous les chats, peu importe leur caractère et leurs défauts. J’ai ainsi appris qu’un chat « coquin » était un chat qui a le coup de patte facile, qu’un chat « indépendant » est un chat qui se tape des bipèdes comme de sa première souris, et qu’un chat « à sociabiliser » est un chat qui va vous cracher dessus dès que vous entrez dans son champ de vision.

Bref, ils sont tous beaux.

 

Gouzou Gouzou.   

 

 

Enfin, l’extrémiste des chats préfère les chats aux humains, exception faite de ses camarades extrémistes, évidemment. Les humains sont méchants, ils font du mal aux animaux, le monde extérieur est périlleux. D’où l’intérêt de se reproduire uniquement avec des extrémistes et de s’entasser dans un espace réduit avec tout un tas de compagnons poilus. J’exagère à peine. En ce qui me concerne, j’adore les animaux, mais j’ai mes limites. Les chats hyperactifs, qui sont dominants, qui me crachent dessus, ou qui ont des puces partout ne me donnent pas forcément envie de coller mon visage dans leur fourrure. De la même manière qu’un humain qui a mauvais caractère ou qui sent le fromage ne me donnera pas envie de lui rouler une pelle.    

 

Je comprends sincèrement qu’il puisse être difficile pour ces personnes de rester impartiales alors qu’elles font face tous les jours à la souffrance animale et qu’elles côtoient des humains qui leur font subir des choses horribles. Mais la généralisation est dangereuse. Il arrive aussi qu’une personne ne puisse plus assumer son animal. Il peut nous arriver à tous, y compris aux extrémistes des chats, de se retrouver dans une situation critique : maladie longue durée, difficultés financières, problème de logement… Si nous n’avons pas de famille, pas d’ami qui accepte de récupérer notre compagnon, que faire ? Il faudrait dans ce cas pouvoir abandonner son animal en toute dignité, et pourquoi pas participer à sa réinsertion dans une nouvelle famille. 

 

C’est une décision extrêmement douloureuse qui à mon sens ne devrait pas être vécue dans la honte.    

 

Et peut-être que mon opinion est, quant à elle, extrêmement idéaliste… Je ne sais pas.    

 

En tout cas pour l’instant je résiste, je ne suis pas rentrée dans le cercle très fermé des extrémistes des chats, et je passe pour être l’intolérante de service. Bah oui, un chat qui fait pipi sur mon matelas ça m’amuse moyen. Mais je ne m’étendrai pas à ce sujet, les chats que j’ai accueillis en tant que FA feront sans doute l’objet d’un autre billet… Suspense, quand tu nous tiens !

 

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Published by emoiemoietmoi - dans Végétarisme - Animaux
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commentaires

Elleauxailes 07/04/2016 20:55

Je reprend les choses dans l'ordre.
J'aime aller dans le sens chronologique de la lecture, et non à rebrousse poils.
Merci pour ce blog, que ma psychiatre "spécialisée dans les enfants Asperger" aurait sans doute utilité à lire...

Adrien 16/05/2015 18:47

Bonjour,

Plutôt qu'un commentaire j'aurai préféré envoyer un message privé, mais bon, on fait avec les moyens du bord que nous laisse le capitaine, hein ?

Je cherchais une manière pour te contacter après avoir vu ta tentative de définition du SA. En fait, j'en ai fait la découverte seulement hier, et je me suis immédiatement renseigné sur Wikipédia et j'ai été assez bouleversé tant les symptômes coïncidant avec la description étaient nombreux. Les plus comme les moins, quoique certaines choses ne collent pas. J'ai fait deux tests et à chaque fois j'ai fait des scores très élevés qui me donnent un pré-diagnostic comme étant quasiment à coup sûr un aspi (avec ou sans e, je ne sais pas ^^je n'ai vu que des témoignages de personnes de la gente féminine malgré le fait que j'ai entendu dire qu'il y a un aspie pour 4 ou 5 aspie ... les garçons et nos choses à cacher sans doute, problème pour assumer, tout ça, tout ça). J'ai vu un épisode de l'instit, "Adrien", qui est d'ailleurs mon prénom, où cet élève est atteint de ce syndrome mais je me suis dit "si c'est ça Asperger, alors moi je n'en suis pas atteint". Quand même, je me suis dit que c'était peut-être une tendance de la série à marquer le trait pour bien faire ressortir quelles sont les difficultés, surtout au niveau social, lorsqu'on en est atteint et la souffrance de tous les jours qui en découle.
Enfin bref, après cette "brève" explication, même si ça te fait quand même un peu de lecture, ça doit être un de mes traits caractéristiques que je décèle aujourd'hui comme étant un symptôme possible, je t'écris surtout dans avec l'intention d'établir une correspondance. Malgré notre différence d'âge, j'ai 22 ans, j'aimerais bien en savoir un peu plus à travers toi. À chaque fois que je m'intéresse de près à un sujet, pour moi la chose la plus instructive est à chaque fois le ressenti réel des gens, autrement dit, les témoignages, rien de plus parlant, sans jeux de mots !
J'ai envoyé ça à ma mère, un auto-diagnostic, une liste avec des caractéristiques à la suite de quoi je mettais à un exemple avec un moment de ma vie, ou une réaction que j'ai eu pouvant s'y rapporter et je dois dire, que j'étais assez sidéré quand j'ai fait tout ça. Ma mère m'a répondu en me disant qu'elle avait déjà songé à cette possibilité. Elle m'a dit que je me méfie pour ne pas jouer à être "le malade imaginaire", c'est vrai qu'elle a raison. Mais moi, l'idée d'aller voir un psy me fait frissonner, notamment à l'idée d'avoir à prendre des saloperies de médocs susceptibles de filer des effets secondaires. Le remède pire que le mal ...

D'ailleurs, quelque chose, parmi d'autres, qui ne correspond pas, c'est le fait que je suis capable de percevoir le double-sens dans une phrase, ou même de l'humour assez subtile, mais je pense que c'est à force d'écouter mon père et ses jeux de mots tous plus pourris les uns que les autres, mais de temps en temps, il en sort quelques uns qui sortent du lot, quand même ! D'ailleurs, là où j'excelle, c'est l'humour ironique. Mais bon, parfois ça échappe aux autres, même non SA ... et c'est le risque !

Je voulais faire court, je suis désolé, mais je me perds en détail. Ca m'arrive souvent dans mes copies, et aussi de faire des phrases hyper longues qui n'ont plus de sens que pour moi seul, les profs me le reprochent sans arrêt, et ça n'a rien de nouveau. Une autre chose qui m'étonne, c'est pour bien comprendre un texte du premier coup, la seule manière, c'est que ce soit moi qui l'ai écrit parce que je me rappelle assez précisément des réflexions que je me suis faites au moment de le coucher sur papier ou de le taper au clavier.


J'arrête là. Je m'emporte, je m'emporte, et je ne sais plus m'arrêter !

Encore une chose, contrairement au Adrien de la série, je dis bonjour quand je rencontre les gens, et pas que la première fois ! Par contre, là où ça me coûte plus (hispanisme exprès, j'ai vu que tu as émis l'anecdote que tu Franco-Espagnole, moi aussi, enfin sans le E !), c'est pour serrer la main (encore là, ça va) mais je suis souvent d'une timidité maladive avec les personnes du sexe opposé, surtout au début, donc faire la bise, pour moi, c'est toute une épreuve. C'est pour ça, que moi-même je me considère comme étant lunatique alors que je sais que non, puisque je suis conscient de ça : c'est juste que c'est difficile, à chaque fois, et devoir revivre ça à chaque fois, ça me demande beaucoup d'efforts et donc au bout, je le fais plus et ça m'attriste en fait. Et ça me fait sentir comme quelqu'un d'incompris par les autres, et c'est très frustrant.

Pour l'oral donc, bof, les relations sociales, pas terrible. Je ne parle pas assez fort, alors en Espagne, forcément ce n'est pas évident, en particulier dans les restaurants !
À l'écrit, c'est toujours mieux passé ! C'est pour ça, que sur facebook et whatsapp, souvent les gens ne me reconnaissent pas par rapport à quand ils me voient dans la vie réelle. Et encore, j'ai pas mal changé. Le fait d'être à Madrid cette année, alors que je vis dans la banlieue parisienne en général, m'a sûrement aidé dans ce sens !).

Et puis, je suis aussi très innocent (dans ma famille, du côté de ma mère, j'entends tout le temps : "Adrián, ten más picardía, no te tomes todo tan a pecho"). Enfin, tu vois quoi ? Du coup, si j'avais vraiment cette chose-là (je ne veux pas l'appeler maladie, ça me paraît beaucoup, j'accepte le terme de handicap, car c'en est un dans la vie, comme un retard sur les autres, moins d'aptitudes pour la vie sociale, c'est un sérieux handicap si on veut vivre en société et s'y intégrer, mais je sais, on n'apprend pas aux vieux singes à faire la grimace hein ?, tu dois certainement en connaître un rayon de ce côté), je comprendrais mieux, et quelque part ça me soulagerait et me ferait mieux comprendre les problèmes que je vis depuis mon plus jeune âge. Moi, il y a eu un changement radical entre la maternelle et la primaire. Enfin, je crois que le changement s'est opéré entre la moyenne et la grande section de maternelle (entre 4 et 5 ans). Et je cherche des réponses mais je ne trouve pas la raison, s'il y en a vraiment une. Et donc, je ne trouve pas la solution.

Bon, là j'arrête vraiment !

À bientôt j'espère !

Adrien

Thomas 03/06/2015 20:57

as tu raté le lien "Contact" dans le paragraphe "Présentation", ou ca ne marche pas ?

sinon, ca ne me parait pas inapproprié de publier ca, je ne vois pas ce qu'elle aurais pu en faire toute seule,
mais pourquoi ne pas poster ca dans un article en rapport avec le sujet ?
(par exemple
http://emoiemoietmoi.over-blog.com/2014/02/vid%C3%A9o-n-3-le-syndrome-d-asperger-d%C3%A9finition.html
puisque c'est par là que tu l'as connue)

Da. 06/05/2015 15:49

Merci pour ce billet. J'ai beaucoup ri. L'association est telle que je l'imaginais...

Elie 09/01/2014 16:10

J'ai aussi tenté les "asso" en me disant que je serai utile
1er rdv: limite on me parle, on m'explique rien et tout
Et une dame arrive avec une portée trouvée à son boulot, ils n'ont personne.
Je leur dis que s'ils veulent c'est ok, mais que ce serait du camping car pas encore emmenagé chez moi.

Resultat, me suis fait incendier quand j'ai demandé de l'aide (litière/croquettes), quand j'ai fait mon déménagement, j'ai demandé qu'on les prenne quelques jours histoire que ce soit re-prêt.
Ca a été non, et une autre FA a debarqué, limite insultante que ELLE, elle savait.
Demandé plusieurs fois des nouvelles (j'ai jamais revu les chats que j'avais depuis plusieurs semaines), changé les noms prévus (et par lequel je les appelais) des chats,
demandé des infos pour une tribu de chat sauvage bien 5 fois, rien


Les asso sur terrain: c'est fini !

bidouille 26/08/2013 19:07

J'ai ete famille d'accueil deux ans pour une asso , je retrouve certaines choses.

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  • : émoi émoi et moi... Le blog porte bien son nom! Il est avant tout centré sur...moi, ma petite vie, mes coups de gueule, mes envies. J'essaye d'apporter un certain éclairage sur le syndrome d'Asperger trop méconnu en France. Avec humour, toujours. // Ce blog est protégé par les droits d'auteur. Toute reproduction, diffusion, publication partielle ou totale est interdite sans l'autorisation écrite de l'auteur.
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