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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 18:01

En voilà un sujet passionnant sur lequel je pourrais débattre toute seule pendant des heures! Tout juste séparée de mon conjoint, je peux vous dire que la vie à deux en étant aspie, c’est LE défi ultime, un peu comme vouloir courir un marathon quand on est unijambiste. Résultat des courses : je me suis cassé la figure.

 

Je ne peux pas vous dire à quel point le syndrome a contribué à l’échec de notre relation… Mais il est certain que cela ne nous a pas aidés. Nous étions ensemble depuis presque 3 ans, et je n’ai été diagnostiquée qu’en juillet dernier. L’explication à mes bizarreries est arrivée sans doute trop tard. J’ai bien conscience que ses amis et sa famille étaient, dans leur grande majorité, convaincus que je n’étais pas la bonne personne pour lui : trop en retrait, pas assez sociable, trop pleine de tocs (ben oui le sable j’aime pas vraiment ça, j’y peux rien), trop-trop-trop, pas assez-pas assez-pas assez. A tel point que j’ai appris récemment que la cousine de mon ex-conjoint, que je n’ai vue que deux fois dans ma vie, a trouvé la moyen de dire à ma sœur, qu’elle n’a elle aussi vue que deux fois dans sa vie : « La meilleure chose qui pourrait arriver à mon cousin, ça serait que lui et Pépette se séparent ». Aouch. Merci pour cet input tout à fait intéressant, argumenté et constructif. En même temps, sans vouloir faire ma Cosette, je commence à avoir l’habitude de ce genre de jugements hâtifs…

 

Mon avenir amoureux, je le vois comme un grand flou artistique. C’est déjà compliqué pour les neurotypiques de trouver chaussure à leur pied, alors pour quelqu’un comme moi…

Qui saura m’accepter comme je suis ? Mieux encore : Qui saura m’accepter comme je suis et me « défendre » auprès de ceux qui se feront un plaisir de me critiquer ? Car en ne disant rien, on ne fait qu’alimenter les rumeurs. Je rêve d’un homme qui puisse rétorquer : « Pépette elle est dans son monde, mais elle est surtout formidable, je l’aime comme elle est, et si tu prends la peine de la connaître tu l’apprécieras aussi ». Sans vouloir être vulgaire, cela suppose déjà d’en avoir une sacrée paire !

 

Comment aborder la rencontre ? A quel moment parler du syndrome ? Dès le 1er rendez-vous ? (Ou lors de la nuit de noces : j’aurai déjà la bague au doigt il ne pourra plus faire marche arrière ! Jajajaja rire démoniaque) Je l’imagine déjà partir en courant quand il découvrira que :

- je ne pourrai jamais dormir dans le même lit que lui

- j’ai « quelques » difficultés à m’imaginer être mère un jour,

- je ne dors que dans le noir complet avec des boules quiès : mon sommeil est SACRE (il faudra qu’il ait conscience que si jamais il fait grincer le parquet en se levant le matin, il prend le risque d’être défenestré par une espèce de zombie)

- je ne mange pas de gluten/viande/lait de vache/oignon/ail/poireaux,

- j’ai des grosses périodes de décompensation,

- mes animaux me sont plus proches que la plupart des humains,

- je suis une control freak…

Qui voudrait d’une emmerdeuse pareille, franchement ?! Alors certes, j’ai aussi de belles qualités, mais n’empêche, je ne suis pas facile à « assumer ».

 

Aurai-je un jour de nouveau l’envie de retenter l’expérience de la vie à deux ? Rien n’est moins sûr. Je trouve cela très exigeant et très fatigant… Depuis notre séparation, je dirais que c’est un des points les plus positifs : je suis très soulagée d’être seule chez moi et de pouvoir gérer mon espace (-temps) comme je le souhaite. C’est un vrai bonheur.

 

Je reste positive tout de même. Je me dis que quelqu’un doit bien m’attendre quelque part : LA bonne personne, qui saura me donner des ailes, être présente pour moi, apprécier mes innombrables défauts qualités. Je me suis d'ailleurs amusée à élaborer un questionnaire de mon cru pour m’assurer que cette fois-ci, ce sera le bon. Je peux vous assurer que celui qui répondra « non » à la majorité de ces questions, je l’enchaîne à mon radiateur et je ne le laisse plus jamais repartir !

 

 

 

winner.gif

 

PS : Je conseille vivement aux hommes qui ont une compagne asperger de lire l'excellent livre de Rudy Simone (et oui, envore elle!) "22 things a woman with asperger wants her partner to know"

Trouver son âme soeur en étant une aspergirl

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Published by emoiemoietmoi - dans Asperger Aspergirl
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commentaires

daniel 18/11/2016 10:20

bonjour pépétte :) , des chaines ! ,bigreee ,nan pas de chaines stp et le radiateur j'aime comme les matous que l'hivers huhu :) , je suis un animal différent aux multiples variantes de la sphère du bipède, et je suis en phase diagnostic asperger , tu sais quoi pépétte ?, j'ai NON à toutes les questions et je suis un célibataire qui s'aime comme tel lol . Mon ex est asperger et selon elle j'en suis, idem pour la psy spécialisé qui m'a en charge ,puis ya qu'a voir mon pêre et ma fratrie de bizarre aux yeux du neurotypique :) . bien cela dis comme on dis ...... au grés du vent ;)

Yume 16/09/2016 17:20

Pépette je vais te rassurer des hommes parfaits pour les aspies ca existe. J'ai choisi le mien musicien. Sans être asperger lui même, il comprend beaucoup mes sauts d'humeur, mon besoin de calme et ca nous arrange à tous les deux quand il sort seul en repet. Bien des fois j'ai été odieuse avec lui (notamment en voyage) mais il m'a toujours répondu avec calme et respect: Ce qui a toujours désamorcer le conflit. Si il est aussi tolerant avec moi, c'est parceque je suspect son père d'etre asperger. Ex chercheur au CNRS celui ci est encore plus "enfoncé" dans le spectre que moi. Dailleur malgré nos points communs le fait que je soit une fille le terrifie (lol), il fait tout pour ne jamais avoir à me parler. Bref il faut savoir où chercher. Mais il existe crois moi :)

Rune 14/09/2016 16:55

J'en remets une couche sur les polyamoureux : surtout quand on a pas l'intention de co-domir (ou de cohabiter) avec la personne, les amours plurirelles ouvrent des possibilités phénoménales !

losange 02/07/2016 16:26

Je n'ai que des "non"... ce qui explique peut-être que ma dernière compagne soit une Aspie, et que les femmes préfèrent m'avoir comme confident, meilleur ami, "meilleure copine", frère, oncle et j'en passe...
Je vois la plupart des couples comme les signataires d'une convention incluant une gestion hygiénique et supposée exclusive de la secualité, ou les acteurs d'une parade contre la solitude, entendue comme l'ennemie ultime. J'en connais peu qui vivent harmonieusement, dans un vrai partage. Mais j'en connais.
Les sites de rencontres que j'ai fréquentés ressemblent à un étalage de cahiers des charges. Ce que j'y ai vu m'a permis de comprendre pourquoi il y a tellement de gens seuls au-delà de la cinquantaine, vouées au dépérissement et à l'aigreur après soixante ans. Les elles et les ils courent après des irréalités qui courent plus vite qu'eux. Et comme la terre est ronde, elles finissent par les rattraper, sauf qu'entre temps, ces irréalités sont devenues des réalités.
Je suis de cette tranche d'âge et mon cas est plus critique encore que le leur, en ce que je ne cours après rien qui les motive...

Al1 15/06/2016 23:22

Majorité de non mais je n'aime pas les radiateurs

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