Depuis plusieurs mois déjà, je résiste à l’envie de traiter ce sujet polémique. D’autres l’ont fait avant moi, bien mieux que je ne pourrai jamais le faire (cf l’excellent documentaire de Sophie Robert « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme »). Je ne voyais donc pas l’intérêt de remettre de l’huile sur le feu.
Et puis la réalité m’a rattrapée, de façon assez brutale. J’ai été informée qu’en 3è année de licence à la faculté de psychologie de ****, un « professeur » a récemment enseigné à ses élèves que :
- « L’autisme est la forme ultime de schizophrénie »
- « L’autisme c’est l’auto-érotisme »
Face à de telles absurdités, mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai réalisé qu’il n’était finalement pas inutile d’en remettre une petite couche.
Vérité n°1 : L’autisme n’est pas une psychose, c’est un TED.
Avant les années 80, par méconnaissance, l’autisme était effectivement classé dans la catégorie des « psychoses » dans les manuels internationaux de type DSM ou CIM. Depuis les années 80, la science a permis d’apporter un nouvel éclairage sur le sujet, ce pourquoi l’autisme a été reclassé parmi les Troubles Envahissants du Développement. Nier cette évidence c’est faire fi des manuels de classification officiels, ce qui, pour un praticien, est inacceptable.
Et c’est tout aussi aberrant que d’affirmer que la Terre est plate.
« Moui en théorie dans les manuels l’autisme est un TED mais bon cela ne tient pas compte de l’apport de la psychanalyse, donc comme je suis psychanalyste, je vais considérer que votre autisme est une forme de schizophrénie et vous prescrire des médocs parfaitement inutiles et dangereux. Voilà, bisous »
Si un praticien vous dit que votre enfant souffre de « psychose infantile », de « schizophrénie », de « dysharmonie psychotique » ou « dysharmonie évolutive », de « dépression de l’enfant » : prenez votre gamin sous le bras, vos jambes à votre cou et FUYEZ ! Orientez-vous vers le Centre de Ressources Autisme de votre région, qui sera à même de poser le bon diagnostic.
Vérité n°2 : L’autisme a une origine biologique. Il n’est pas lié à des « facteurs environnementaux » (comprendre : à une relation mère-enfant déficiente)
Nier cette réalité c’est nier les centaines de recherches qui ont lieu sur le sujet. (cf le Congrès international sur la recherche sur l’autisme qui a eu lieu en Espagne en mai 2013) On comprend de mieux en mieux les causes génétiques et neurobiologiques de l’autisme. Il y a notamment plus d’une centaine de gènes impliqués dans l’autisme ainsi qu’une très grande hétérogénéité génétique : parmi les gènes qui mutent, il y en a très peu qui sont les mêmes chez tous les enfants. Les chercheurs comprennent de mieux en mieux comment ces mutations modifient la mise en place des réseaux neuronaux (synapses). La recherche en la matière est donc particulièrement riche et active : informez-vous !
Vérité n°3 : Freud est un imposteur.
La France est, avec l’Argentine, le pays le plus freudien au monde. Dans l’Europe du Nord et dans les pays anglo-saxons, la psychanalyse n’est quasiment plus enseignée en fac de psycho mais plutôt en lettres et en philo ( !).
Il a été démontré que les cas de Freud et ses fameuses « guérisons » étaient complètement bidons. Les historiens ont pu identifier les patients qui se cachaient derrière les pseudonymes « Petit Hans », « L’Homme aux loups », « l’Homme aux rats » etc. ce qui a permis de dresser un bilan de ses résultats thérapeutiques. Ils sont franchement désastreux : le « père de la psychanalyse » fabriquait ces miracles de toutes pièces. Prenons le cas d’Anna O, la patiente emblématique de Freud : il a avoué dans ses correspondances privées qu’elle n’était nullement guérie…
Si tout cela ne vous convainc pas (dis donc vous êtes récalcitrant !), peut-être que le fait de savoir que Freud était une sorte de cocaïno-thérapeute fera l’affaire. Il a commencé ses expériences avec la cocaïne sur ses patients à l’âge de 28 ans en 1884, en pensant qu’elle pourrait devenir un remède contre l’addiction à la morphine. Il a affirmé avoir guéri des patients de cette manière (Ernst Von Fleischl-Marxow notamment), alors qu’il n’en était rien. Il suffit pour s’en assurer de consulter les lettres qu’il a envoyées à sa fiancée (elles sont conservées à la bibliothèque du Congrès à Washington et on été rendues publiques depuis 2000).
Je précise que Freud était lui-même sous l’emprise de cette drogue, ce qui, ma foi, explique pas mal de choses.
Franchement, quelle crédibilité peut-on accorder à un tel escroc ?
Vérité n°4 : La psychanalyse n’est pas une science, c’est un dogme.
Selon Popper, pour qu’une discipline soit scientifique, il faut qu’elle puisse être réfutée. Or la psychanalyse s’est construite de manière à être irréfutable : « Résister à la psychanalyser c’est refouler la sexualité », « Si l’on critique la psychanalyse c’est qu’on n’a pas été psychanalysé », « Ceux qui critiquent la psychanalyse ont besoin d’être soignés » etc. Implacable. Je précise qu’elle n’a par ailleurs jamais été validée scientifiquement.
Je vais m’arrêter là car je pourrais continuer pendant des heures. Tous ces éléments, énoncés dans les vérités 3 et 4, ont été tirés de l’excellent livre « Le livre noir de la psychanalyse » de Meyer & Co que je vous conseille vivement. C’est une mine d’infos et il est très bien documenté.
Vérité n°5 : Bernard Golse n’est PAS un spécialiste de l’autisme.
Ca n’est pas parce qu’il fait coucou aux caméras et qu’il s’est auto-proclamé spécialiste qu’il l’est réellement. Je serais tout aussi crédible et cohérente que lui en m’auto-proclamant spécialiste de la théorie de l’évolution et en affirmant, avec force panache et auto-suffisance, que Dieu a créé l’Homme. Ceux qui connaissent un peu le personnage comprendront ma démonstration.
Pour les autres je vais tout simplement citer Franck Ramus - voir son excellent blog et particulièrement l'article "Réponse à l’éditorial de Bernard Golse dans le Journal International de Médecine" - : « Les experts français de l’autisme se nomment Catherine Barthélémy (104 articles sur l’autisme, h-index= 40, Marion Leboyer (94 articles, h= 53), Gilbert Lelord (55 articles, h=25), Catalina Betancur (53 articles, h= 33), Thomas Bourgeron (50 articles, h= 31), Joelle Martineau (51 articles, h=21), Richard Delorme (33 articles, h=21), Jean-Louis Adrien (32 articles, h= 14), pas Bernard Golse (7 articles, h= 9). »
Donc pour récapituler :
NON l'autisme n'est pas la forme ultime de schizophrénie
NON l'autisme n'est pas "l'auto-érotisme" (???!)
NON la psychanalyse n'a rien à faire dans la prise en charge de l'autisme (cf le rapport de la Haute Autorité de Santé qui préconise les méthodes comportementales et désavoue la psychanalyse en la classant dans les pratiques "non consensuelles")
Et je dirais même : NON la psychanalyse n'a rien à faire en France!
Nota : Je reprends l'explication de Franck Ramus "Le h-index est une mesure composite de la production et de l’influence d’un chercheur. Un h-index de 50 indique que la personne a publié 50 articles qui ont été cités au moins 50 fois"
AJOUT au 10 octobre 2013 : Emission « Service Public » sur France inter ce jour. Le thème : les serial killers et les tueurs de masse (mass murderers) Je cite Serge Bornstein, neuropsychiatre, expert auprès de la Cour de cassation « Ils [les tueurs] font partie du trouble explosif isolé, qui est en général l’affaire de schizophrènes patentés qui sont dans ce monde de clivages dont une forme s’est détachée récemment et avec insistance qui est le « syndrome d’Asperger » qui est une variété de schizophrénie qui ne fait pas sa preuve et qui est susceptible de prendre de multiples facettes. » C'est affligeant, mais je le remercie vivement car il apporte de l'eau à mon moulin.
