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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 12:23

Du job coaching pour les aspies… en voilà un concept qui dépote !

 

C’est un centre de réadaptation professionnel lillois qui a implanté en France cette approche anglo-saxonne. Les professionnels de ce centre, tous issus du milieu médico-éducatif, ont sélectionné en partenariat avec le Centre de Ressources Autisme 12 autistes Asperger en fonction de leur employabilité. Ces aspies avaient tous en commun de n’avoir jamais travaillé.

 

Ils ont ensuite défini – et validé – avec eux leur projet professionnel, et les ont soutenus lors de la recherche d’entreprise et du dépôt de candidature (identification et démarchage des entreprises, rédaction du CV et de la lettre de motivation, présence lors de l’entretien). L’objectif était de trouver, pour chacun des 12 participants, une alternance inclusive de 6 mois au sein d’une entreprise en adéquation avec leur projet professionnel. Pour 10 d’entre eux, l’insertion s’est faite en milieu ordinaire, et pour les 2 autres en milieu protégé.

 

Pour que l’insertion de ces aspies se passe pour le mieux, différentes actions ont été mises en place au sein de l’entreprise :

  • chacune de ces entreprises a été sensibilisée au syndrome d’Asperger,
  • un salarié s’est porté volontaire pour être le tuteur de la personne Asperger. Ce tuteur devenait ainsi l’interlocuteur privilégié du stagiaire et le lien entre l’entreprise et le centre de réadaptation,
  • pour certains le poste de travail a été aménagé : emploi du temps (temps partiel, horaire décalé),  supports écrits comme aide à l’organisation, travail d’accompagnement sur le trajet (entraînement) etc.

 

La présence du stagiaire en entreprise se limitait au mercredi, jeudi et vendredi. Les lundi et mardi étaient consacrés à un débriefing sur les journées de stage ainsi qu’à des ateliers d’habiletés professionnelles (via des jeux de rôle, supports vidéo, témoignages etc).  

 

A ce jour, tous les stagiaires ont trouvé un stage et ont été au bout de leur alternance. Mieux encore : 5 se sont vus proposer un contrat de travail (CDI, CDD, contrat aidé). Les entreprises s’accordent à dire que ces stagiaires sont de très bons éléments : rigueur, capacité d’apprentissage, motivation, professionnalisme…  les qualificatifs ne manquent pas ! Ce dispositif est une franche réussite.

 

L'équipe du centre de réadaptation, quant à elle, espère que ce projet pourra voir le jour dans d'autres régions de France. Elle présentera son travail le 14 mars prochain à Strasbourg au colloque "L'insertion professionnelle des personnes avec autisme Rêve ou réalité? Relevons ensemble le défi!".


Ce magnifique projet nous prouve que dans un environnement adapté, nous aspies pouvons être des recrues de choix pour les entreprises.


Yes, we can!
 

 

Merci mille fois à toute l'équipe de ce projet et plus particulièrement à Julien et Germain pour leur disponibilité et leur gentillesse. Vous êtes au top merci ;)

Merci mille fois à toute l'équipe de ce projet et plus particulièrement à Julien et Germain pour leur disponibilité et leur gentillesse. Vous êtes au top merci ;)

Le job coaching : yes we can!
Le job coaching : yes we can!
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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 14:59

Nous avons reçu au bureau il y a quelques mois ce charmant courrier :

 

 

 

 la-poste.png

 

 

 

 

Nous gérons plusieurs sociétés, des SCI et des SARL. Dans un souci d’efficacité, nous avons choisi il y a deux ans de mettre en place une boîte postale, qui jusqu’à présent fonctionnait parfaitement. Nous recevions tous les matins dans une petite pochette grise estampillée « La Poste » les courriers, en recommandé ou en envoi simple, qui étaient adressés à nos différentes sociétés.

 

Quel luxe. C’était le bon vieux temps.

 

Il s’avère qu’à La Poste, ils ont décidé de corser un peu les choses. Et puis ça casse la routine, ça met un peu de piment, c’est tout à fait stimulant. Ils ont donc été fouiner dans tous les dossiers et ont découvert que le nôtre n’était pas correctement régularisé, qu’il ne rentrait pas dans les cases, qu’il ne respectait pas les procédures, bref, qu’il n’était pas made in La Poste. Je m’explique : quand vous êtes amenés à recevoir du courrier pour différentes sociétés, par exemple la société « Jmlaposte » et la société « « Maipaotankesonfuturconcuren », vous devez absolument déclarer ces deux intitulés auprès de La Poste (ce qui suppose de remplir tout un tas de dossiers en y joignant un kbis de moins de 3 mois, la photocopie de la carte d’identité du gérant, un bilan sanguin complet et un extrait de casier judiciaire. J’exagère à peine.) Sur les 17 sociétés que nous gérons, 16 intitulés n’ont pas été déclarées. Du jour au lendemain, tous les recommandés qui nous étaient envoyés pour ces 16 sociétés se sont donc retrouvés bloqués par La Poste.

 

Un peu dépassée par les évènements, je décroche mon téléphone et j’appelle Mme Tumenkikine. Mme Tumenkikine travaille au service des dossiers de société, qui nous intéresse tout particulièrement dans ce cas précis et dont le numéro figure sur le courrier que nous avons reçu. Elle m’explique poliment la situation, en me disant que de nouvelles règles très strictes doivent désormais être appliquées à La Poste, que nous devons absolument régulariser notre dossier au plus vite et qu’elle ne peut rien faire pour nous. Je suis sidérée. Je lui explique que ça fait deux ans que ça fonctionne parfaitement, seulement 5 minutes qu’ils ont découvert le pot aux roses, et qu’ils auraient pu nous laisser au moins quelques semaines de battement pour nous donner le temps de nous retourner et de mettre à jour notre dossier. « Ah bah non ça fait déjà deux ans que vous êtes en situation d’irrégularité. » Situation d’irrégularité. La sentence est tombée. J’ai l’impression d’être une sans papier, ça fait tout drôle. Dites madame, vous croyez que qu’on va devoir nettoyer l’entreprise au kärcher ou pas ?

 

Bon, restons zens. 16 sociétés à mettre à jour, c’est simplement 16 dossiers à remplir, autant de kbis à commander (ah oui, car on ne peut pas les télécharger sur le site du Greffe, il leur faut des originaux avec le tampon qui va bien), 16 photocopies de la carte d’identité du gérant (car même si c’est la même personne à chaque fois, « c’est mieux d’en avoir une dans chaque dossier »). Je remplis les dossiers. J’y passe trois heures. Et je pars à La Poste, les dossiers sous le bras, assez fière de moi, pendant ma pause déjeuner. Erreur. Il est 12h15, et évidemment au service des sociétés il n’y a plus personne, car il faut venir entre 10h et 12h. Non, l’après-midi c’est pas possible, c’est partie de belote pour tout le monde. Je repars. Je reviens le lendemain à 11h. Mme Tumenkikine m’accueille. On parcourt les dossiers. « Pourquoi l’adresse du siège est différente de l’adresse d’envoi des courriers ? Ça ne va pas du tout, ça ». Gloups. Mince, dis donc, c’est embêtant, personne ne m’avait dit qu’il fallait que l’adresse du siège soit la même que l’adresse d’envoi du courrier. Donc sur les 16 sociétés, 12 ne sont pas made in La Poste. Cette charmante dame me rassure « Mais c’est rien, il suffit de changer le siège social de vos sociétés ». Hmm. Ça dépend des statuts, chère madame, mais pour certaines sociétés il va falloir convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire (envoi d’un recommandé aux 20 associés de chaque société, délai légal de 15 jours, tenue de l’AG, rédaction du PV, envoi aux associés, et transmission au Greffe pour enregistrement) C’est une usine à gaz. Mme Tumenkikine n’a pas l’air contente, elle est contrariée que ça soit si compliqué chez nous. J’ai envie de lui répondre que c’est le camembert qui dit au maroilles « tu pues », mais je me retiens.

 

De retour au bureau, je commence à me dire que la solution la plus simple (et la plus rapide, car en attendant tous les recommandés sont bloqués et l'urgence commence à se faire sentir) serait peut-être d’annuler purement et simplement la boîte postale. J’appelle le service clients de La Poste. Je leur explique notre situation, en précisant bien que nous avons un contrat « affranchigo » (La Poste affranchit notre courrier pour nous) et un contrat de collecte (la petite pochette du matin dans laquelle on nous amène notre courrier entrant et la petite pochette du soir dans laquelle on récolte notre courrier sortant). Nous ne souhaitons pas que l’annulation de la boîte postale remette en question ces deux services qui nous sont utiles. Heureusement, le service clients de La Poste me rassure, ce sont trois choses indépendantes.

 

Le jour-même, j’envoie un courrier en RAR au service des sociétés, adressé à Mme Tumenkikine en personne, pour annuler la boîte postale. Mme Tumenkikine m’appelle. On ne peut pas annuler la boîte postale. Ben non, ça serait trop facile ! Je retourne à La Poste. Mme Tumenkikine m’attend avec son stagiaire et le responsable des boîtes postales. Attention, ça ne rigole plus, l’heure est grave et les mines sombres. Ils m’expliquent que contrairement à ce qu’a pu me dire le service clients, on ne peut bénéficier de la collecte du courrier sans la boîte postale, et que de toutes façons on ne peut annuler une boîte postale qui n’est pas à jour, qu’il faut d’abord la mettre à jour pour pouvoir ensuite l’annuler. Le tout avec un air très solennel, et force hochements de tête. Et Mme Tumenkikine de rajouter « Oui, c’est logique ». J’ai juste envie de leur faire bouffer leurs 16 dossiers et de partir pour une retraite spirituelle en Dordogne. Il paraît qu'au Carmel du Sacré Coeur on s'éclate bien.

 

De guerre lasse, la procédure est lancée. On demande à notre expert-comptable de préparer la paperasse pour procéder au changement de siège social. En attendant, on continue à recevoir des courriers de La Poste nous informant que des recommandés sont bloqués, il en arrive chaque jour de nouveaux. Mme Tumenkikine, dans un élan de bonté, m’avait proposé de la prévenir pour qu’elle puisse mettre de côté les recommandés et nous les garder au-delà du délai de 15 jours normalement en vigueur. Je lui envoie donc un mail pour la prévenir, puis deux, puis trois. D’autant qu’un des recommandés a été bloqué sans raison valable : il s’agissait d’une société « en règle », simplement au lieu d’écrire « Agence Trucmuchbidule» l’expéditeur avait écrit « Cabinet d’affaires Muchbidule ». Evidemment, Mme Tumenkikine ne répond pas à mon mail. Il faut dire que la belote, c’est très prenant.

 

Je l’appelle. A force, je connais son numéro par cœur. « Bah si le nom c’est « Agence Trucmuchbidule », on ne peut pas vous remettre un recommandé qui n’est pas précisément à ce nom-là ! « Cabinet d’affaires Muchbidule » ça n’a rien à voir. Et puis je ne fonctionne pas par mail, ça ne marche jamais les mails je n’aime pas ça, si vous voulez que je prenne connaissance de votre demande il faut m’appeler ou m’envoyer un courrier ». MAIS PUTAINDEBORDELDEMERDE TU TE FOUS DE MA GUEULE ?? Là je ne me suis pas privée de lui dire que c’était aberrant, qu’il était évident que le recommandé nous était destiné (il n’y a pas 36 « Cabinets d’affaires Muchbidule » à l’adresse indiquée, il n’y en a qu’un !), et qu’il fallait peut-être penser à sortir de l’âge de pierre. Le tout ponctué d’un raccrochage au nez dans les normes, lui ! Inutile mais fort plaisant.

 

Le surlendemain, on recevait un nouveau courrier de La Poste, nous informant que la SEULE société déclarée en boîte postale qui était jusque-là en règle (1 sur 17…), ne l’était en fait pas, et qu’il fallait remplir un dossier pour celle-ci aussi. En sachant que cette société est l’intitulé principal de la boîte postale, que le contrat qui nous lie à La Poste est à ce nom (c’est donc un non-sens total), et que tous les autres intitulés y sont rattachés. Grosso merdo, si l’intitulé principal n’est pas en règle, aucun autre ne peut l’être, on aura beau remplir 16 dossiers, demander 30 extraits Kbis, être anémié à force de faire des prises de sang, ça ne sert à rien, tout s’effondre comme un château de cartes.

 

Quand j’ai raconté cette histoire à mon ami, grand philosophe, il a eu la réaction suivante : « Il n’y a rien de pire que les fonctionnaires zélés. Car non seulement ils appliquent des directives débiles, mais en plus ils mettent un point d’honneur à le faire parfaitement. »

 

Mme Tumenkikine, j’ai l’honneur de vous remettre la palme d’or du fonctionnaire zélé parfaitement débile.

 

Quant à moi je file, les Carmélites m'attendent.

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 15:38

Dans le cadre de ma reconversion, j’ai été amenée à rencontrer la responsable de la licence de Psycho de la fac. Nous devions préparer ensemble mon dossier de VAF (Validation d’Acquis de Formation) afin que mon Bac+5 me permette d’intégrer la licence directement en deuxième année. J’avais hâte de pouvoir échanger un peu sur le parcours, l’orientation de la fac en question, bref, tâter le terrain comme on dit.

 

J’arrive donc dans le bureau de Madame Truc, et la première chose qui me frappe, ce sont toutes les photos et cartes postales accrochées au mur. La personnalisation est poussée à l’extrême, cet endroit est devenu l’expression directe de sa personnalité, le tout dans un joyeux bordel. Madame Truc est enracinée à son bureau. Probablement autant que la plante verte à l’entrée. Pour moi qui suis si pudique, cette immersion totalement inattendue dans le monde de l’autre me mettrait presque mal à l’aise. Les murs sont tapissés de reproductions de Miro, de cartes postales de Barcelone et des œuvres de Gaudi, et également de photos de… ses chats. Ma mère est catalane, et vous connaissez déjà mon amour des chats, on devrait réussir à s’entendre.

 

Nous échangeons rapidement sur mon parcours (« L’ESCP vous dites ? Ah non, je ne connais pas ». Arrrgh), sur mon mémoire de fin d’études « Les causes organisationnelles et managériales de la souffrance en travail » qui prouve que j’ai déjà des connaissances de base en psychologie sociale, sur les matières que j’ai étudiées. Je lui précise rapidement que je suis bénévole pour l’association Autisme Espoir Vers l’Ecole qui est basée sur la méthode des 3i. Et là, avec un geste de la main explicite (« parle à ma main », vous voyez le genre ?) elle me dit « Ah non je vous arrête tout de suite, ici on n’est pas comportementalistes, on est pour la psychanalyse. Alors certes, à cause de l’Amérique, la psychanalyse est en recul en France, mais nous on estime que c’est très important ». Sa réaction témoigne de deux choses :

 

- Elle ne connaît absolument pas la méthode des 3i, car sinon elle saurait que c’est tout sauf comportementaliste. Il s’agit en fait simplement d’éveiller l’enfant par le jeu et en l’imitant, jusque dans ses stéréotypes, sans jamais être directif. Je suis bénévole depuis 3 mois, à raison d’1h30 par semaine, auprès d’une petite fille de 2 ans ½ présentant un retard psychomoteur global, et je peux vous dire que les effets sont spectaculaires.

 

- « A cause de l’Amérique »…un préjugé un peu facile, non ? Ce genre de vieux poncif, ça me fait doucement marrer. Encore dans la bouche d’une personne de 80 ans je veux bien, mais là…

 

Je préfère ne pas répondre, afin de ne pas lancer un débat qui pourrait m’être préjudiciable. La conversation se poursuit, je sens que Madame Truc est un peu tendue depuis que j’ai parlé de la méthode des 3i. Elle me dit au bout d’un moment « Quand même, 5 ans en école de commerce, ça formate une personne. Nous ici, on est très ouverts d’esprit, on pousse nos étudiants à avoir une vision critique des choses. Et puis on ne va pas vous dire si vous devez utiliser un cahier ou un classeur. » Bon, pour l’ouverture d’esprit, on repassera. Je lui réponds, consternée, « C’est-à-dire que si vous m’aviez écoutée vous sauriez que sur les 4 premières années en école de commerce post-bac j’ai passé directement, dès mes 19 ans, deux ans en Espagne, et en l’occurrence ça n’était pas une école mais une fac. Donc j’ai appris à me débrouiller, je saurai choisir entre un cahier et un classeur. » Bien entendu, j’ai préféré lui dire sur le ton de la plaisanterie. Et j’ai ajouté «Quant à mon parcours, il m’aura forcément façonnée, mais je pense être capable de faire la part des choses ». Madame Truc hoche la tête distraitement, l’air pas franchement convaincue, et ajoute : « Parce qu’ici on n’est pas du tout comportementalistes, hein ». Et têtue, avec ça.

 

Là évidemment, je n’ai pas pu m’en empêcher, j’ai expliqué que la méthode des 3i était tout sauf comportementaliste, que je l’invitais à aller consulter leur site car « vous verrez, c’est très intéressant, ça vaut le coup de la connaître cette méthode » (et vlan), et qu’en 3 mois la petite fille que je suivais avait fait d’énormes progrès. Entre nous soit dit (et je me suis bien gardée de lui dire car je ne voulais pas lui faire plaisir) je ne suis pas forcément favorable à l’application de méthodes comportementalistes pour les enfants autistes, mais à mon sens ce choix relève de la liberté des parents. Bah oui, vous savez Madame, la notion de libre-arbitre. Car franchement, les « pro-psychanalyse » ont beau affirmer que les méthodes comportementalistes « c’est du dressage », je crois que pour les enfants autistes la psychanalyse est tout sauf adaptée et fait d’énormes dégâts ! Alors même que la communauté scientifique internationale reconnaît l’autisme comme un trouble neurologique, pour les psychanalystes l’autisme est une « psychose » causée par la relation mère-enfant. Ben voyons. Leur petite guéguerre idéologique est complètement déplacée, et ne vise qu’à asseoir le lobbying des psychanalystes en France.

 

Heureusement, je sais de source sûre que cette fac délivre une formation de qualité, car sans ça, je pense que l’échange avec Madame Truc m’aurait refroidie !

 

J’ai bien tenté à la fin un rapprochement au sujet de la Catalogne : « J’ai cru voir que vous aimiez la Catalogne ? J’ai des racines catalanes », sans grand succès… Je ne m’avoue pas vaincue pour autant, la prochaine fois, je lui amènerai des photos de mes chats. Avec un peu de chance, elles finiront punaisées au mur.

 

 

 

 

 

PS : Je regrette de n’avoir pas pu visionner le documentaire de Sophie Robert « Le Mur » avant son retrait du site d’Autistes Sans Frontières. Il était, semble-t-il, édifiant. (Si quelqu’un sait comment je peux me le procurer, qu’il me le fasse savoir !)

 

Et voilà le lien : Le Mur

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 15:33

Qui n’a pas rêvé de tout plaquer pour aller élever des chèvres dans le Larzac ?? Après un bac+5 en école de commerce, 6 mois de chômage, et un an d’activité professionnelle foireuse, j’ai commencé à sérieusement remettre en question mon orientation. Je n’aime rien dans le monde de l’entreprise tel qu’il existe aujourd’hui, je n’aime ni:

 

- sa mentalité.

 

Exemple n°1) Big boss à une collègue « Je te préviens, si tu refuses encore une fois d’écrire une lettre à l’encontre de M. X, j’en tirerai les conclusions qui s’imposent. Tu es soit avec nous soit contre nous ». M. X est l’ancien DRH qui a été licencié du jour au lendemain et a traîné la Grande Entreprise devant les Prud’hommes. Big boss a donc fait des pieds et des mains pour obtenir des déclarations mensongères de la part des salariés encore en place pour alimenter son dossier. Ma collègue, qui a d’abord résisté, a été dans l’obligation de céder, la mort dans l’âme. S’asseoir sur ses valeurs, au profit de personnes que l’on exècre, c’est dur pour l’estime de soi.

 

Exemple n°2) Une collègue s’est vue confier à la responsable RH, dans un moment de faiblesse amèrement regretté par la suite, qu’elle avait des soucis avec l’un de ses enfants. Le lendemain matin, Big boss au moment de la saluer lui sort avec un regard lourd de sous-entendus « Ça va ? Tes enfants vont bien ? » - « Euh oui oui merci ». Dans cette boîte, la RH n’est pas un contre-pouvoir à la direction, ce qui devrait être le cas en théorie, mais au contraire une extension de son pouvoir. Ce sont ses yeux et ses oreilles, et elle prend un malin plaisir à tout lui raconter en détail. Alors elle se met tous les salariés à dos, mais who cares ? Le boss, lui, l’adore. C’est bien ça le principal.

 

- sa culture.

 

Exemple n°1) Mini boss (le frère de Big boss) à une collègue lors de l’entretien annuel « Ah non mais attends on ne peut pas te passer cadre, tu ne travailles pas assez d’heures, comment je pourrais le justifier vis-à-vis de ceux qui font 70h par semaine ? » Cette collègue en question fait tout de même des semaines de minimum 50 heures, a un bac+7 en droit, et est extrêmement compétente. Mais voilà c’est une femme (et le monde de la promotion immobilière est tout de même très macho), et elle ne fait pas assez d’heures supplémentaires non payées. Ce raisonnement est affligeant. Dans les pays scandinaves notamment, il est mal vu de travailler trop d’heures, car cela signifie que vous n’êtes pas assez productif et que vous avez un problème d’organisation. Personnellement je pencherais plutôt pour cette explication, car il est facile de rester tard le soir, d’envoyer des mails à 23h, de se balader dans les couloirs un dossier sous le bras en répétant à qui veut l’entendre qu’on est dé-bor-dé ! J’ai été confrontée à ce même problème dans cette boîte. Des heures supplémentaires, j’en ai fait, quand elles se justifiaient. Mais je rentrais systématiquement chez moi entre midi et deux (oui j’estime qu’en arrivant à 8h du matin et en repartant à 19h pour un salaire de 1400 euros net par mois et un statut non cadre, je pouvais me permettre un break le midi) et Manager avait trouvé le moyen de me dire « Je pense que ça serait bien pour ton intégration dans l’équipe que tu manges ici entre midi et deux, avec les autres ». Ce à quoi j’avais répondu, avec un grand sourire «Mon intégration dans l’équipe se passe très bien. Ma pause du midi, c’est ma vie privée, j’y tiens beaucoup. Et il est important de savoir souffler ». Inutile de préciser que mon attitude quelque peu rebelle n’a pas joué en ma faveur. Mon travail était bien fait, j’étais toujours en avance sur mes deadlines, j’avais d’excellentes relations avec toute l’équipe, mais je ne rentrais pas dans le « moule », je n’étais pas assez « corporate ». Autrement dit, pas assez malléable, pas assez ouverte au lavage de cerveau.

 

Exemple n°2) Cette entreprise, très influencée par la culture anglo-saxonne, organise systématiquement tous les ans un séminaire de quelques jours en début d’été, et une soirée au restaurant pour fêter noël. Et évidemment, le tutoiement est de rigueur. Pourquoi pas, me direz-vous. Sauf que ça brouille les frontières, et une telle proximité, en plus d’être malsaine, n’est pas du goût de tout le monde. Certains n’ont simplement pas envie de quitter leur famille 4 jours pour aller faire du jet ski et voir leur patron se biturer la gueule le soir venu. « Ah mais c’est très important pour l’esprit d’équipe ». D’ailleurs on appelle ça le « team building ». Moui. Le concept a beau être enrobé par une dénomination à consonance american, et donc de fait bien plus sexy, la pilule a tout de même du mal à passer, mon cher Brandon. Les collègues avec lesquels j’ai envie de créer des liens, je n’attends pas le dîner de noël pour me taper une tranche de rire avec eux. Et faire du jet ski avec ses boss, moi ça ne renforce pas mon esprit d’équipe, ça me donne des envies de meurtre. Jet ski = perso. Boss = pro. Ces deux mondes devraient être clairement séparés ! Car si vous pensez que Manager (ou « N+1 » pour faire bien) et Big boss sont vos amis, vous vous fourrez le doigt dans l’œil, eux vous considèrent bien comme des salariés, et ne feront pas de sentiments quand il sera question de vous refuser une augmentation ou de vous licencier. L’affect n’a rien à faire au boulot, il faut le mettre de côté et éviter à tout prix de trop « donner ». Car l’entreprise, elle, n’est pas par définition dans une logique de don mais de rentabilité.

 

- sa délicatesse

 

Exemple n°1) Big boss me convoque dans son bureau. « Pépette, tu veux bien fermer la porte ? » Aïe. Qu’est-ce-que j’ai fait. « Bon on est très contents de toi mais il faut que je te parle de quelque chose. Il faudrait que tu changes ta façon de t’habiller. Quand je te vois dans les couloirs, on dirait une étudiante. D’ailleurs on en parlait lundi dernier en réunion. Je pense vraiment que pour ta crédibilité, ça serait mieux. » Deux remarques se télescopent dans ma tête « Alors voilà la teneur de leur sacro-sainte réunion du lundi, sacré découverte ! » et « Mince, moi qui pensais que mes efforts vestimentaires étaient couronnés de succès ». Je me suis sentie rougir jusqu’aux oreilles, mais je ne me suis pas dégonflée : « Oui, mais ça coûte de l’argent tout de même ! ». « Oh non, aujourd’hui il y a moyen de bien s’habiller pour pas cher ». Rappel : 1400 euros net/mois, un loyer à payer, de la nourriture à acheter (oui, c’est mieux), une voiture dans laquelle il faut mettre de l’essence… ça va vite. J’ai simplement dit « Quand je le pourrai je ferai le nécessaire ». Je n’ai pas changé ma façon de m’habiller d’un iota (même si j’ai rangé mes Converse au fond du placard) non pas par simple esprit de contradiction mais pour trois raisons bien précises :

 

- J’estime qu’un uniforme jean brut-pull classique est plus qu’acceptable en entreprise. Surtout dans une entreprise qui se veut « d’jeuns » et dont la moyenne d’âge ne dépasse pas 35 ans.

 

- Il n’est pas nécessaire d’être habillée comme Laurence Parisot quand on passe ses journées derrière son écran d’ordinateur et qu’on n’est jamais en « représentation ».

 

- Quoique je fasse, j’ai l’air d’une adolescente. J’aurais beau me mettre un tailleur et me maquiller outrageusement, je n’aurai pas l’air d’une adulte mais d’une adolescente déguisée en adulte, là est toute la nuance. Alors au contraire, je me trouve plus crédible en jean !

 

Exemple n°2) Big boss, très énervé, à une collègue qui est tombée enceinte peu de temps après la fin de sa période d’essai « Je suis censé te féliciter ? Vraiment on est très déçus, je ne m’attendais pas à ça venant de toi, d’autant qu’on avait un contrat moral et qu’on t’avait demandé de ne pas tomber enceinte pendant au moins un an ». Pardon ??? Heureusement, elle s’est bien défendue. Il s’avère que c’est une jeune femme qui a eu de gros problèmes pour concevoir, elle suivait un traitement très lourd au CHU depuis plusieurs mois, qu’elle lui a expliqué en long en large et en travers. Elle a fini son explication par cette petite phrase assassine : « C’est honteux que j’en sois réduite à te raconter mes problèmes personnels pour justifier ma grossesse ». J’aurais adoré voir sa tête, il paraît qu’il était tout gêné et a même fini par bredouiller un mot d’excuses.

 

Exemple n°3) Big boss, à moi, alors que Manager vient de lui dire qu’il doit rentrer chez lui car sa fille est malade « Ils font chier ces divorcés, ils ne sont pas capables de gérer leurs mômes ». Classe. Et véridique.

 

Des anecdotes comme celles-ci, j’en aurais des dizaines, et je ne crois pas que l’entreprise dans laquelle j’ai passé 9 mois soit un cas isolé. Les personnes qui gravitent autour de moi sont dans des milieux assez différents : étude notariale, agence immobilière, cabinet de conseil, cabinet de recrutement etc. Ils ont tous le sentiment que leur entreprise marche sur la tête et n’a aucune considération pour les salariés qui ne sont, en fin de compte, qu’une variable d’ajustement.

 

C’est désespérant, quand on a passé 5 ans en école de commerce, qui soi-disant est la voie royale pour obtenir un bon job bien payé dans une bonne entreprise, de se rendre compte que la réalité est toute autre. Et vu le contexte, les choses ne sont pas prêtes de s’améliorer…

 

Une démission et un bilan de compétences plus tard, me voilà décidée à me reconvertir : je vais devenir psychologue. Je vais enfin retrouver du sens dans ma vie professionnelle, travailler pour moi, et me sentir utile !

 

En Converse, naturellement.

 

 

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