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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 18:06

Josef Schovanec, qui est un peu notre Daniel Tammet national, a coutume de dire « On peut avoir un doctorat et ne pas savoir dire « bonjour » de manière appropriée, ce sont deux compétences totalement différentes ». Bien dit, Josef! J’ajouterais ceci : si dire bonjour est compliqué, alors dire au revoir, pour nous personnes autistes, est un pur calvaire...

 

Du temps où j’étais en couple avec un neurotypique - ce qui remonte peu ou prou à l’ère paléolithique - j’allais parfois à des apéros chez les amis de mon compagnon. Evidemment il fallait que nous convenions au préalable d’une heure de retour, pour que j’aie un cadre horaire et une « limite » en tête. Imaginons que nous nous soyons mis d’accord pour rentrer à minuit. A 00h05, je frémissais. A 00h10, je commençais à jeter des regards désespérés à mon compagnon, accompagnés de signaux physiques aussi subtils que romantiques (petits coups de pied, pincements, tapotements sur le bras et j'en passe). A 00h15 mon désespoir se transformait en agacement. A 00h20 j’osais un délicat « Bon il est 12h20 là !!! On y va ?? ». A 00h30 mon couple était au bord de la rupture et moi au bord de l’implosion.

 

A 00h35, nous nous levions enfin. Ne restait plus qu’à dire au revoir.

Aïe.

Et c’est là que ça coince, presque autant qu’une zigounette dans une braguette*.

 

Personnellement je serais du genre à lancer un « Au revoir j’y vais ! » général en faisant un petit salut de la main. Propre et efficace. Malheureusement dans la vraie vie les choses ne se passent pas comme ça, gare à vous si vous suivez mon exemple, vous pourriez passer pour un malotru, un chenapan, un garnement, que sais-je encore.

 

Dire au revoir à chaque personne présente, de façon individuelle, est une manière plus civilisée de prendre congé. Là encore, dans mon cas les choses pourraient être expédiées très rapidement : j’ai coutume de faire la bise accompagnée d’un « aurevoirbonnesoirée » et en 30 secondes chrono j’ai salué tout le monde, la clé de la voiture en main, prête à partir vers mon oreiller de nouvelles aventures.

 

Mais comme lors des échanges sociaux rien n’est jamais simple, à procéder de la sorte je me retrouvais systématiquement comme une godiche à attendre que mon compagnon ait fini de dire au revoir à tout le monde. Se déroulait sous mes yeux une chose étrange que je n’ai toujours pas fini de m’expliquer : une mini-conversation s’engageait systématiquement avec chaque personne qu'il était en train de saluer.

 

Et piapiapia,

Et blablabla,

Et hahaha

Re piapiapia

Re blablabla

Re hahaha

 

Ce qui aurait pu être bouclé en 30 secondes chrono s’éternisait au-delà du raisonnable.

Je ne résiste pas à l'envie de citer notre cher Cyprien qui exprime à merveille ce que je ressens face à ce genre de mystère :

http://www.cyprien.fr/

http://www.cyprien.fr/

Pourquoi échanger de nouveau avec une personne alors que cela fait déjà 4h que l’on parle tous ensemble ?

Que peut-il y avoir de si crucial à dire à ce moment précis ?

A part « au revoir », que peut-on bien se dire d’autre ?

Quel plaisir peut-on y trouver ?

POURQUOI ???

 

Je n’ai toujours pas la réponse à ce jour, si vous avez des pistes je suis preneuse ! C’est une des 1001 subtilités sociales qui me dépassent complètement et dont j'aimerais saisir le fonctionnement, à défaut d'avoir forcément envie de les imiter.

 

 

 

* Bon ça n’est pas très élégant comme formule je vous l’accorde, mais c’est rigolo et ça sonne bien !

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:21

Rencontre avec ma voisine ce jour sur le palier, alors que j'allais sortir mon chien Popeye :

Moi : - « Bonjour ! Comment allez-vous ?

Elle : - Bonjour ! Bien ! Et votre petit chien comment ça va ?

Moi : - Ca va bien !

Elle : - Il a hâte d’aller dehors !

Moi : - Ah oui, il a hâte d’aller dehors

Elle : - Il connaît le chemin !

Moi : - Ah oui ça, on peut dire qu’il connaît le chemin

Elle : - Bonne après-midi

Moi : - Bonne après-midi »

 

Voilà un parfait exemple de la manière dont je communique avec quelqu’un dans le cadre d’un échange bref quand je n’ai rien de particulier à dire : en écholalie ! Je répète instinctivement tout ce qui m’est dit, en agrémentant un peu de « ah » et « oui » pour apporter une touche personnelle. Et le pire, c’est que cette méthode du perroquet fonctionne à merveille : je me suis sentie gourde mais cette voisine, elle, n’y a vu que du feu.

 

 

Cette petite anecdote m’a fait réfléchir aux différentes stratégies de communication que je mets en place pour « survivre » dans notre monde social et je me suis dit qu’il y avait sans doute matière à écrire un article ! (voire même une encyclopédie en 4 tomes, en creusant un peu)

 

Si un inconnu entame une conversation informelle avec moi à  un moment inattendu, je dois activer le mode « compréhension des échanges entre bipèdes ». Le temps de « rentrer » dans la conversation et de sortir de mon état de veille, je vais devoir lui demander plusieurs fois de répéter ses propos afin d’améliorer ma compréhension. Exemple vécu : Une étudiante de mon groupe de TD à la fac m'interpelle, alors que nous étions en train d'attendre devant la salle de classe :

Elle : - Tu es dispensée d’assiduité toi, non ?

Moi : - pardon ?

Elle : - tu es dispensée d’assiduité ?

Moi : - oui

Elle : - tu travailles ?

Moi : - pardon ?

Elle (sur un ton plus fort) : - tu travailles ?!

Moi : - oui

 

Et ainsi de suite. Evidemment je donne l’impression d’être sourde comme un pot (ou complètement stupide, au choix), ce qui est assez déstabilisant pour mon interlocuteur. Si la conversation se poursuit, je sais qu’il est attendu de moi que je devienne actrice de cet échange, au lieu de continuer à répondre passivement aux questions qui me sont posées. Je vais donc, le plus souvent, retourner les questions. Ce qui donne par exemple :

Moi : - et toi, tu travailles aussi ?

 

Au sein d’un groupe de plusieurs personnes, les choses se corsent encore plus. Je plante le décor : nous sommes au baptême de ma nièce, après la cérémonie religieuse, dans le jardin de ma soeur et mon beau-frère pour manger un morceau et boire une coupe de champagne. Il fait beau, les oiseaux chantent… MAIS il y a une trentaine de personnes autour de moi avec lesquelles je suis censée interagir. Là, ma stratégie est simple : étant donné que c’est une réunion familiale, je vais me greffer à mes parents et ne pas les décoller d’une semelle. J’ai pu remarquer que les groupes de discussion n’étaient en général pas composés de plus de 5 ou 6 personnes. Je vais donc être au sein d’un de ces groupes, en compagnie de mes parents, et hocher la tête, sourire bêtement, prendre un air intéressé, une coupe de champagne à la main (je ne bois pas mais je fais genre, ça me donne une contenance), en me balançant subtilement d’une jambe sur l’autre (une petite stéréotypie que je ne peux pas éviter dans ces circonstances, tant il est difficile et insécurisant pour moi d’être debout. Au moins en étant assise j’ai l’impression d’avoir mon périmètre de sécurité, tandis qu’en étant debout, les gens vont et viennent, tout semble beaucoup plus imprévisible) Ne me demandez pas de participer à la conversation, c’est impossible, tout va trop vite et j’ai à peine le temps de réfléchir à une réplique que tout ce petit monde est déjà passé à autre chose.

 

S’il ne s’agit pas d’une réunion familiale et que je suis assise, je vais tenter d’engager la conversation avec une personne à mes côtés. Si celle-ci est assez intéressante et qu’un véritable échange peut s’instaurer, je ne m’en sors pas trop mal. Par contre si l’échange est superficiel, très vite je suis à cours d’idées, et la conversation retombe comme un soufflé au fromage. 

S’il ne s’agit pas d’une réunion familiale et qu’EN PLUS je dois être debout (au vin d’honneur du mariage d’une amie par exemple) alors là c’est l’horreur absolue. Qui aller voir ? Comment faire ? Quelle posture adopter ? C’est un cauchemar.

 

Pour les échanges de tous les jours, chez les commerçants, chez le médecin ou chez le coiffeur par exemple, je me débrouille bien, car j’ai un script enregistré en tête depuis longtemps. Mais quand j’étais plus jeune, c’était la croix et la bannière. J’imaginais avant d’y aller tous les scénarios possibles pour me préparer mentalement (et si le boulanger n’a plus de monnaie ? Et si je n’arrive pas à faire l’appoint ? Et s’il n’a plus de baguette ? Et si une météorite rose fluo s’abat sur nous ?).

J’ai par contre mis beaucoup de temps à comprendre une règle toute simple : quand on va chez le coiffeur, il faut discuter avec ledit coiffeur. Je me disais bêtement qu’il avait sans doute besoin d’être concentré pour faire son travail et qu’il ne fallait pas le déranger. A chacune de ses tentatives je répondais par onomatopée, pour couper court. Dans ma tête je me disais qu’il voulait sans doute être aimable, et qu’en ne lui donnant pas de grain à moudre, je lui faisais comprendre qu’il n’avait pas besoin d’être aimable avec moi. J’étais vraiment au niveau -10 de la compréhension des échanges humains. Le jour où j’ai compris qu’il fallait parler, que le coiffeur avait vraiment envie de papoter, pour le plaisir, que cela faisait partie de son travail, et que j’étais malpolie en ne lui offrant pas la possibilité de construire un échange avec moi, c’est un peu comme si j’avais découvert le fil à couper le beurre. Aujourd’hui, tant bien que mal, je discute, et j’ai conscience des sujets de conversation qui bien souvent « tombent » (la météo, les cancans, les nouvelles du JT notamment).

 

Enfin, last but not least, j’ai en tête un « stock » de réparties toutes prêtes (souvent humoristiques), que j’ai entendues autour de moi et qui peuvent dépanner et amener de la fluidité dans l’échange. Dès que j’entends une réplique qui me plaît, je la fais mienne et je la réutilise. Ca peut être une réplique entendue dans un film ou dans une série, que je vais éventuellement réadapter.

 

Je suis aussi capable d’un minimum de spontanéité, mais qui ne serait pas possible si je n’avais pas mis en place toutes ces stratégies qui offrent un « cadre » et qui sécurisent l’échange.

 

Avec des personnes qui me sont proches et avec lesquelles je me sens en confiance, je suis évidemment beaucoup plus naturelle que ce qui est décrit ici.

Avec les animaux je dirais que j'atteins le summum de la fluidité dans la communication. C'est le top of the pop, la crème de la crème. Tout est transparent et explicite. C'est parfaitement reposant.

chats-bagarre.jpgH2@Japan - "Connect" - Flickr

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 21:22

Il est de ces rencontres qui vous bouleversent et qui ont le pouvoir de changer le cours de votre vie.

 

Samedi matin. Je suis à un cours de sociabilité pour chiens avec mon Popeye, qui, dès son adoption, a démontré une vive aversion envers ses congénères. Afin que mon petit monstre progresse, j’ai dû me résoudre à l’inscrire à ces cours qui sont une épreuve autant pour lui que pour moi.

Je suis donc là, avec ma semaine de travail dans les pattes, un peu paumée, mal réveillée… mal dégrossie, quoi. J’observe les chiens, qui, naturellement, m'inspirent plus de bienveillance que leurs maîtres. Le cours est bondé, il y a trop de monde, trop de bruit. J’évite soigneusement de croiser les regards des bipèdes qui m'entourent, pour éviter toute amorce de conversation. J’ai hâte que cette heure se termine et je donnerais ma grand-mère pour pouvoir être chez moi, au chaud, en sécurité.

Grognonne, la Pépette. 


Et puis je repère deux whippets, magnifiques. J’adore les lévriers. Si ma fatigue chronique ne m’en avait pas empêchée, il est évident que j'aurais choisi cette race. Mais avec mon besoin de repos quasi permanent, un chien aussi sportif qu’un lévrier aurait été malheureux avec une maîtresse comme moi.


Nous commençons à discuter avec le maître d’un des deux whippets. Cela ne me coûte pas, j’en suis la première étonnée. Très vite, il m’explique qu’il est malade et qu’adopter ce chien était aussi un moyen pour lui de soulager sa douleur physique. Sa franchise, son empathie, et ses fêlures m’interpellent. Je lui confie que je suis en cours de diagnostic pour le syndrome d’asperger.


Entre éclopés de la vie, nous nous sommes compris, et reconnus. Chacun son parcours, mais une même envie de vivre. Chacun sa douleur, mais une même façon de l’aborder. Un même besoin de tolérance et d’acceptation.

Le cours à peine terminé, je file à l'anglaise. Fort heureusement, les numéros de téléphone ont été échangés.

 

Depuis, des mails ont été envoyés. D’autres points communs ont été trouvés. Des questions existentielles ont été posées. Des émotions partagées.

Et nous nous sommes revus, pour une balade au grand air avec nos loulous. L’échange est naturel, nous ne nous encombrons pas de faux-semblants.

Pas le temps.

Pas besoin.

Pas envie.

Le temps est précieux, et une relation comme celle-ci ne doit pas être gâchée par la superficialité.

Je suis MOI. Dieu que c’est rare… et que ça fait du bien ! Une vraie bulle de légèreté.

Pour reprendre sa propre expression, nous sommes "frères d’armes". Tout ce qu’il exprime fait écho en moi, et j’aime à penser que ce sentiment est réciproque. Il a une force de vie qui m’épate, et dont je compte bien m'inspirer. Je pense que nous avons beaucoup de choses à apprendre l’un de l’autre.

 

C’est un coup de foudre amical. Je suis scotchée par cette chance, inouïe, qui nous est offerte de pouvoir tout partager, sans crainte d'être jugé.

 

Alors merci au hasard (hasard... ou destinée?) d'avoir placé cette si belle personne sur ma route et de me permettre de faire un bout de chemin avec elle.


 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 18:01

 

Certains d’entre vous l’auront sans doute déjà compris : mon dernier intérêt obsessionnel en date est … (roulement de tambours) : le syndrome d’asperger ! Yeaaaaah ! Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ! Donc, ces derniers temps, je vis SA, je bois SA, je dors SA, je lis SA, je visionne SA, je respire SA. 

 

J’ai une chance inouïe car certains d’entre vous, via ce blog, me contactent pour me raconter une tranche de vie, me faire part de leurs doutes et de leurs interrogations ?, partager leur réflexion au détour d’un point virgule ; ou un cri de COLERE en majuscules, libérer une (souffrance) étouffée par deux parenthèses, nuancer une « émotion » grâce à la magie des guillemets, et ce, avec une intimité habilement créée par trois tout petits points de suspension... Je ne vous en remercierai jamais assez. Vos témoignages me touchent, me portent, et m’incitent à poursuivre mes recherches. Aujourd’hui, il est donc naturel que je me sente investie d’une mission : celle de faire connaître ce syndrome et de bousculer les idées reçues !

 

C’est ce pourquoi j’ai décidé récemment d’entrer en contact avec le directeur de la licence de la fac de psycho dans laquelle j’ai repris mes études, afin de lui demander s’il serait d’accord pour que je fasse une présentation en amphi sur le syndrome d’asperger. Je peux vous dire que 5 min avant notre rendez-vous je n’en menais pas large ! Mais heureusement, comme tout bon asperger qui se respecte, j’avais répété mon discours une bonne centaine de fois dans ma tête, ce qui m’a permis de ne pas trop balbutier malgré la pression.  Je lui ai expliqué que je voulais sensibiliser les étudiants à ce syndrome et les mettre en garde contre les erreurs de diagnostic, avec une présentation « punchy » et « fun », dans la mesure du possible. Il a été très chaleureux, a trouvé l’idée intéressante, m’a donné son feu vert pour intervenir lors d’un de ses cours au second semestre et m’a proposé de revenir vers lui pour que nous validions ensemble ma présentation. Il m’a également suggéré de contacter deux responsables du master qui pourraient être eux aussi intéressés par ma démarche, ce que j’ai fait. Je n’aurais pas pu rêver mieux, en ressortant de ce rendez-vous, j’étais sur mon petit nuage ! Merci, merci, merci !

 

J’ai donc rencontré peu de temps après les responsables du master, pour leur présenter ce même projet. Et là… patatras. On ne m’a pas fermé la porte au nez, loin de là, mais on m’a proposé de passer par la fenêtre, de nuit, et avec un collant sur la tête. Ils trouvaient mon projet intéressant, sauf qu’ils n’étaient pas très à l’aise à l’idée que je me présente en tant qu’autiste asperger…  Si je reprends leurs propos, en gros, ça donnait ça : « Pour vous préserver, il ne  vaudrait mieux pas que vous vous présentiez en tant que patiente, car cela brouille les pistes pour les étudiants et vous risqueriez d'être montrée du doigt et étiquetée. Surtout si votre objectif c’est d’aller jusqu’au master. D’autant qu’on n’est pas aux Etats-Unis ou au Canada (sous-entendu : là-bas, ils sont plus ouverts d’esprit). Il vaudrait mieux envisager de venir par le biais d'une association et de présenter le syndrome en tant que bénévole par exemple. »

« Vous devriez d’ailleurs faire un travail sur vous pour dissocier les choses. » Pour faire court, de leur point de vue de psychologue clinicien, mon intervention n’est pas déontologiquement possible si je ne prends pas soin de travestir ma véritable identité.

 

Portée par mon enthousiasme initial, je n’ai pas pipé mot, et ai continué de sourire en disant « Oui, je comprends votre point de vue ». Je suis un peu gourde, il me faut en général une bonne quinzaine de minutes (au calme, sinon c’est plus long) pour qu’une information ou un évènement inattendu trouve son chemin jusqu’à mon cerveau. Et il faut dire que leur réaction, je ne m’y attendais pas, mais alors pas du tout.

Je vous fais grâce de la cerise sur le gâteau (vous remarquerez cette sublime prétérition, je serais presque prête à me lancer en politique) : «  Mais si vous n’êtes pas diagnostiquée par le CRA, alors… vous n’êtes pas diagnostiquée ! ». Gloups, un peu plus et je m’étranglais avec ma propre salive. Je leur ai répondu (car cette question, je m’y attendais) que le Dr Tuffreau était un spécialiste, qu’un rendez-vous avait été pris au CRA sur mon initiative mais qu’il n’était pas impossible que je passe entre les mailles du filet puisque les tests ADOS et ADI utilisés ne permettent de détecter que 30% des autistes aspergers et ne sont pas du tout adaptés aux aspergirls (dixit Tony Attwood, THE specialist, le Dieu des aspergers, et australien de surcroît. L’homme parfait, quoi. - Pardon, je m’égare -.) Et je me suis empressée de préciser qu’un refus du CRA ne m’empêcherait pas d’être intimement convaincue d’être une aspergirl.

 

Et toc. Et ploc. Et tu peux ravaler ton froc.

 

Bizarrement, ils n’ont pas l’air d’avoir adhéré à mon petit discours, pourtant empreint d’une inspiration toute aspergienne.

 

Quinze minutes plus tard, dans ma voiture, je commençais à reprendre mes esprits. J’étais remontée comme un coucou. Voilà ce que je me dis avec le recul nécessaire :

 

1°) C'est tout de même triste de considérer que des étudiants en psycho, qui justement sont sensés être doués de bienveillance et d’empathie, pourraient me "montrer du doigt"! Je crois que c’est une bonne « cible » et que ce sont les mieux placés pour recevoir ce que nous aspies aurions à leur expliquer.

 

2°) Je ne suis pas une "patiente", il n'y a rien à guérir chez moi, rien à disséquer, rien à décortiquer.

 

3°) Me dire que je risque d'être étiquetée, c'est déjà une façon de m'étiqueter!

 

4°) Quelle légitimité j'ai, autre que celle d'autiste asperger, pour parler du syndrome? Aucune. A part les quelques professionnels qui sont capables de parler du syndrome en France (et qui se comptent sur les doigts d’une main), j’estime que nous sommes les mieux placés, nous les aspies, pour parler du SA ! Et je pense qu’il est tout à fait riche, pour des étudiants en psychologie, d’avoir notre point de vue à nous.

 

5°) Je me vois mal mentir et expliquer que je viens pour représenter une association, ce qui par ailleurs biaise le message que je voulais envoyer initialement, à savoir « Voyez comme je suis sympathique, il n’y a rien à changer chez moi, j’assume ma différence, bousculons ensemble les idées reçues ! ». Et puis de toutes façons, je ne sais pas mentir, je suis sûre que je ferais au moins une bonne dizaine de boulettes.

 

6°) Je ne vois pas trop quel travail de dissociation j’aurais à faire. Je suis asperger ET étudiante en psycho ET salariée ET brune ET mesurant 1m72. Tout cela fait partie de moi.

 

7°) Je crois que les français sont plus ouverts d’esprit qu’on ne le pense, ce qui pêche par contre, c’est qu’ils vénèrent le statu quo (c’est sécurisant) et qu’ils n’ont pas de couilles. Les américains et les canadiens, eux, en ont des suffisamment big pour s’exprimer, s’afficher, et remettre en question leurs pratiques.

 

8°) Et puis enfiler des collants sur la tête, ça me dit moyen, ça va me faire un nez en patate et je prends le risque d’être coursée sur tout le campus par les services de l’ordre. Ca n’est pas franchement un de mes fantasmes.

 

Je n’en veux pas à ces messieurs, ils ont voulu me préserver, et leur intention, bien qu’un peu condescendante, est louable. Ils ont eu la gentillesse de me recevoir et de me prêter une oreille attentive, ce qui est un bon début. Leur réaction est simplement intéressante parce qu’elle est le reflet de la mentalité française qui s’empresse de dissocier les « patients » des « soignants », ou plus généralement les « sachants » (les diplômés, les professionnels, les profs) des autres (les béni-oui-oui) et qui voudrait que les principaux intéressés se fassent un peu plus discrets : « Chuuuut! Les autistes, vous faites trop de grabuge là ! Nous, on sait ce qui est bon pour vous, alors circulez, il n’y a rien à voir ! ». Les autistes et parents d'autistes sont pourtant les mieux placés pour en parler et savoir ce qui est bon pour eux ou pour leurs enfants.

 

J'ai parfois franchement l'impression d'être face à une mafia, qui contrôle tout, et qui impose sa loi du silence. Ne parlons même pas du lobbying des psychanalystes! Ca me fait penser au "Parrain". En plus insidieux. 

Vous l'aurez compris : leur offre véreuse, ils peuvent l'avaler avec leur cigare, il n'est pas question pour moi d'y donner suite.

 

Offrir l’opportunité à quelqu’un comme moi de s’exprimer sur le sujet, je trouve que c’est un grand pas en avant, une invitation à l’ouverture d’esprit, à la connaissance, à la tolérance. C’est apporter une pierre à l’édifice du changement, du renouveau. 

 

Le refuser, c’est consolider un mur d’ignorance auquel bon nombre d’entre nous se heurtent encore et qui n’a causé que trop de souffrances. 

 

Donc oui, je me sens investie d’une mission, et ça n’est pas prêt de s’arrêter ! Super Pépette est dans la place ! Asperger power !

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 18:29

Vendredi soir. La fin de la semaine. Je vais pouvoir souffler. Normalement demain soir nous sommes invités à une pendaison de crémaillère chez des amis de mon compagnon, j'y ai pensé toute la semaine, mais j'ai bon espoir que mon cherétendre ait oublié puisqu'il n'en a pas parlé une seule fois... Ce serait le scénario idéal, j'exècre ce genre d'évènements sociaux informels pour lesquels il n'y a aucun script. Je me sens en marge du reste de l'assistance, et si je parviens à faire péniblement illusion, c'est au prix de nombreux efforts. Cela me renvoie en pleine figure ma différence.   

 

Nous nous installons dans le canapé. Son portable vibre. Rappel : "crémaillère".

"- Oh merde, la crémaillère de Josette c'est demain, j'avais complètement oublié!"

Oh merde, comme tu dis. Je feins la surprise également :

"- Ah oui, moi aussi j'avais complètement oublié. Bon je te préviens, je ne vais pas rester longtemps."

Au moins c'est dit. Je ne vais pas rester longtemps. Le principal, c'est d'y aller, non? Le principal, c'est de faire l'effort de venir. Dans la foulée, il reçoit un texto d'un de ses amis qui lui demande s'il vient à la fameuse crémaillère. Il répond "Je ne sais pas encore, je suis malade". Nous en restons là.

 

Le lendemain matin, dans la salle de bain. Lui:

"- Je ne sais pas quoi faire pour ce soir.

- Comment ça?

- Je ne sais pas si on va y aller ou pas.

- Pourquoi? Tu ne te sens pas mieux?

- Si si, ça va. Si j'ai dit à Max que j'étais malade, c'était surtout au cas où nous n'irions pas.

- Pourquoi tu ne voudrais pas y aller alors? Il y aura tous tes amis, ça te fera du bien de les voir.

- Oui mais tu vas encore être la première à partir."

 

Et oui, je vais encore être la première à partir, et évidemment, cela va être mal perçu. Je précise que je comprends la réaction de mon compagnon. Il est sensible à l'opinion de ses amis, ce qui est bien normal. Tout le monde voudrait que son/sa moitié soit parfaitement accepté(e) par son entourage. Je comprends également la réaction de ses amis, qui, ne pouvant pas comprendre mon comportement, inventent, dans un souci de rationalisation, tout un tas de raisons pour le justifier : associable, bizarre, froide, hautaine... Rien d'étonnant, nous l'avons tous déjà fait au moins une fois : que celui qui ne sente pas concerné jette la première pierre! La nature (humaine) ayant horreur du vide, il est normal que nous cherchions à expliquer ce que nous ne parvenons pas à comprendre, avec plus ou moins de succès. Ce comportement est à ce point répandu qu'il a même été conceptualisé en psychologie. Il s'agit de "l'attribution causale". (Je ne vais pas rentrer dans les détails de la théorie, mais je trouvais simplement intéressant de le signaler, d'autant que le hasard veut que ce concept m'ait été enseigné peu de temps après l'épisode que je relate ici... La vie est bien faite.)

 

Donc, pour en revenir à nos moutons : je comprends.

 

Mais Dieu que ça fait mal.

 

J'étais toute contente à l'idée de me dire que j'allais y aller 2h, de 20h à 22h (très important d'avoir un cadre et une limite horaire!), prouvant ainsi à mon cherétendre que j'étais cap', me le prouvant à moi-même, tout en me préservant et en m'évitant une fatigue que j'aurais pu traîner des jours durant si j'étais restée plus longtemps. Où est le problème? Ca n'est pas un manque de respect que de partir tôt! Venir, picoler comme un trou, draguer toute l'assemblée, vomir sur la table et étaler son vomi partout dans l'appartement de ses hôtes dans un souci de création artistique (je suis sûre qu'on a déjà vendu des toiles avec du vomi dessus, mais fermons la parenthèse), ça oui, c'est un manque de respect. Mais partir tôt?! N'a-t-on pas le droit d'être différent? N'a-t-on pas le droit d'être mal à l'aise dans certaines situations? N'a-t-on pas le droit d'être soi-même?

 

Pourquoi les gens se vexeraient-ils? Parce que je ne rentre pas dans le moule? Parce qu'ils ne me comprennent pas et que cela les agace? Parce qu'ils ont préparé des petits fours et qu'il va leur en rester sur les bras? Parce que je ne bois pas d’alcool ? Pardon d’être rabat-joie et contrariante. Pardon de venir perturber l’image, lisse, que vous aimeriez que je renvoie et qui vous permettrait de rester attachés à vos précieuses habitudes. Je ne fais pourtant rien de mal, j'essaye au contraire d'être quelqu'un de bien, au jour le jour. Mais voilà, je ne suis pas désirable socialement, je ne participe pas à la bonne ambiance de la soirée, je ne rayonne pas au milieu des autres (j’irradie plutôt des ondes négatives !) et cette indésirabilité sociale, même justifiée, sera toujours mal vue. C’est la pire des tares dans une société telle que la nôtre, car si vous n’existez pas au milieu des autres, vous n’existez pas. (Mon cher Shakespeare selon moi la vraie question serait plutôt «Etre parmi les autres ou ne pas être») Votre personnalité aura beau être riche, votre moralité irréprochable, vos qualités indénombrables…. Qu’importe. Sans désirabilité sociale, point de salut.

 

Nous avons beaucoup discuté mon compagnon et moi, et j'ai fini par me décourager totalement et me dire qu'il valait mieux que je  ne vienne pas du tout. Après tout, si je fais l'effort de venir 2h et que cela est mal perçu, à quoi bon? Autant inventer une excuse et ne pas venir du tout, non? Alors que lui était arrivé à la conclusion "Ok, tu viens 2h, et qui vivra verra", moi je suis arrivée à la conclusion "Peu importe ce que je peux faire, peu importe les efforts fournis, cela ne sera jamais assez. Autant ne pas venir."  Je me suis donc retrouvée en larmes, à me dire que je n'étais qu'une merde (oui, l'auto apitoiement est dans ces cas-là assez intense), que la vie était injuste, que si les gens avaient conscience de ce que je vivais, plutôt que de me juger ils me couvriraient de pétales de fleurs et me proposeraient de se relayer pour me masser les pieds H24 (on peut rêver, non?).

 

C'est si dur, parfois. Mon hyperadaptation est à double tranchant, c'est une chance qui me porte la poisse : elle me permet de passer inaperçue mais d'un autre côté lorsque je manifeste des comportements bizarres les gens ne peuvent pas les interpréter correctement.

 

Je ne suis même pas sûre qu'en expliquant ce qu'est le syndrome, les choses soient différentes. Je serai toujours le vilain petit canard qui sera prié de se justifier, et il y aura toujours des personnes qui elles ne se feront pas prier pour douter de moi!

 

Mon compagnon est donc parti seul à sa soirée, il a dit à ses amis que j'étais malade (c'est à peu près le 3748è fois qu'on utilise cette excuse) et je suis restée devant la télé avec ma tribu (chats, chien, on s'est tous tenu chaud sur le canapé). C'est un grand sentiment de solitude qui m'envahit dans ces cas-là. Comment faire? Comment savoir quel comportement adopter? Y aller? Ne pas y aller? Mentir? Expliquer?

 

Je n'ai pas voulu cette différence mais elle m'habite depuis toujours et je fais de mon mieux pour l'assumer et cultiver ma confiance en moi. Je préfère penser que c'est une richesse et que mes qualités compensent les aspects négatifs du syndrome. Mais dans ces cas-là, quand je suis face à ce type de situations, tout s'effondre comme un château de cartes, et je ne suis plus qu'un mouton noir qui ne pourra jamais faire partie du troupeau.

a-step-too-far.jpgPhoto de Rich Byham - "A step too far" - Flickr

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 14:31

J’ai eu l’occasion d’avoir hier soir un échange très intéressant avec la psychologue qui me suit (et oui, on ne peut prétendre être psy sans avoir été soi-même un peu analysé !). Nous avons parlé de ma fratrie et plus particulièrement des relations que j’ai avec ma soeur. Je lui ai expliqué qu’elle et moi étions terriblement différentes, et que j’avais toujours eu l’impression que ma sœur était incapable de m’accepter pour ce que j’étais, avec ma sensibilité à fleur de peau, mes doutes, mes remises en question. Elle interprète ces traits de caractère comme une preuve de faiblesse et de fragilité et part du principe que « quand on veut on peut ». Sa vision des choses est particulièrement manichéenne. Elle ne peut entendre mes émotions et mes questions existentielles, elle y est totalement hermétique, sans doute aussi parce que cela pourrait ouvrir une brèche en elle et que, par peur des conséquences, elle se l’interdit. Résultat des courses, nos échanges sont toujours très superficiels et je pense que l’une comme l’autre, nous jouons un rôle l’une avec l’autre.

 

 

Ces différences, et j’ai envie de dire également son intolérance, nous ont séparées au fil du temps. Je ne souffre pas particulièrement de notre absence de relation, j’y suis habituée et m’y suis faite. Par contre, il semble évident que nous aurions sans doute beaucoup à apprendre l’une de l’autre, si nous étions capables d’échanger avec bienveillance et respect.

 

 

Elle a choisi un chemin de vie tout tracé et très « classique ». Elle s’est mariée et a eu trois enfants. Elle a toujours dit qu’elle se marierait à 25 ans et aurait son premier enfant à 28 ans, ce qu’elle a fait. Elle ne déroge pas à ses principes de vie, c’est un peu un bulldozer (l’image n’est pas très flatteuse mais parlante). Elle a des opinions assez fermées sur de nombreux sujets : une vie sans enfant n’a pas vraiment de sens ; il faut savoir ne pas s’apitoyer et ne regarder que les choses positives ; tous ceux qui ne voient pas les choses de la même manière qu’elle sont des extra-terrestres. Son chemin de vie, c’est une autoroute. Je gagnerais sans doute beaucoup à m’en inspirer, moi qui préfère toujours choisir des chemins tortueux avec des cailloux et des crevasses. J’envie sincèrement sa joie de vivre (feinte ou pas, peu importe, c’est ce qu’elle dégage et ce qu’elle cultive), et le fait qu’elle ne se pose jamais aucune question. Elle avance, point barre. Et moi, je trébuche, point à la ligne.

 

 

Mais choisir un chemin de traverse, éloigné de l’A4, n’est-ce-pas une façon aussi de s’approprier la vie ? De se RÉapproprier SA vie ? N’est-ce-pas une façon de mieux s’y retrouver et s’y reconnaître ? Et de mieux se connaître soi-même ? Se casser la figure à cause d’un caillou, ça n’est pas forcément très agréable, mais ça nous apprend à regarder où l’on marche. Et se perdre en cours de route n’est pas une perte de temps, cela équivaut souvent à se retrouver soi-même.

 

 

Je ne peux m’empêcher de penser qu’avoir trop de certitudes est le meilleur moyen pour tomber de très très haut. Que se passerait-il si un jour son mari venait à la quitter ou à la tromper ? Que se passera-t-il le jour où ses enfants, crise d’adolescence oblige, s’opposeront à ses croyances ?  Car sur une autoroute, les jours de tempête, ça secoue aussi pas mal. On adapte sa vitesse, on se met sur le bas-côté ou on continue à foncer droit devant soi ?

 

 

Et concernant tous ceux qui sont en permanence en train de se poser 10 000 questions, qui ruminent en vase clos avec eux-mêmes, et qui systématiquement prennent un chemin qui les ramène à la case départ, n’y aurait-il pas une forme de complaisance derrière tout cela ?  (Attention, je ne parle pas ici des dépressifs, qui souffrent d’une maladie sur laquelle ils n’ont pas ou peu d’emprise). Mais avoir un système de pensée très torturé, cela fait partie de son identité, et remettre cela en question, c’est risquer de perdre gros. Se recréer une identité à 30, 40 ou 50 ans, arriver à se percevoir autrement, à revoir son système de pensée, c’est un sacré challenge.  

 

 

Vous le comprendrez, cet article pose beaucoup de questions sans forcément apporter les réponses ! J’ai trouvé le sujet intéressant et voulais le partager avec vous.  

 

 

Je terminerai sur cette citation de Louis de Grenade, que je trouve fort à propos : « Les uns croient que les autres se trompent de chemin s’ils ne suivent pas le leur.». Comme toujours, il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » chemin, il n’y a que des chemins de vie.

 

 

Prenez le temps de vous connaître vous-même pour être sûr de suivre le vôtre.  

 

8509252070_4d5de32f64_n.jpgnut*meg - "The road ahead" - Flickr

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 09:59

La poignée de main est franche et le sourire chaleureux. L’impression que j’ai eue au téléphone se confirme, cet homme-là est agréable et sait vous mettre en confiance. En même temps, pour un médium, ça peut toujours servir.

 

 

Parce que oui, j’aurais dû commencer par là, j’ai été voir un voyant, je l’avoue ! Que voulez-vous, on ne se refait pas, ma curiosité me titillait depuis un moment déjà. J’ai donc pris rendez-vous, après m’être soigneusement renseignée, chez un voyant qui a très bonne presse et est, aux dires de ses « consultants », compétent. Je me suis dit que dans le meilleur des cas, ça pouvait me permettre d’avoir quelques pistes sur mon avenir (ça serait dommage de s’en priver !) et que dans le pire des cas, j’aurais un bon sujet d’article pour mon blog…

 

 

J’arrive donc, avec ma curiosité en bandoulière, mon ouverture d’esprit en écharpe, et mon esprit critique soigneusement tapi au fond de ma poche. Il y est bien au chaud, mais à disposition quand même en cas de besoin. Monsieur le Médium me fait patienter un moment dans sa « salle d’attente ». Il s’agit en fait d’un coin aménagé au beau milieu de sa cuisine avec une table, une chaise et deux magazines tout écornés. Et Monsieur le Médium de me dire, d’une façon un peu pompeuse : « Je vous ai préparé quelques magazines ». Avouez qu’il a un sacré sens du service. Ou du commerce, à vous de voir.

 

 

L’isolation phonique n’étant pas au top, mes oreilles parviennent à saisir quelques bribes de la consultation ayant cours dans la pièce à côté. Et puis c’est nettement plus intéressant que « Elle et décoration ». Sa consultante a l’air d’y croire dur comme fer, elle le relance, lui pose des questions. Il y répond sans hésiter, la conversation semble naturelle. De mon côté, je profite de ces quelques instants pour m’auto-coacher : je suis bien décidée à ne lui donner aucune information, à ne laisser transparaître aucune émotion sur mon visage (dur dur, on lit en moi comme en un livre ouvert), et à ne pas le laisser me tirer les vers du nez.

 

Mon tour arrive. Nous nous installons dans son salon. Son appartement est vraiment agréable, la déco est soignée, il n’y a rien de « bizarre » ou d’ésotérique. J’imaginais une déco un peu étouffante, avec des tentures, des lumières diffuses, des amulettes, des pendules et des minéraux un peu partout… Les clichés ont la vie dure ! Lui-même est très loin de l’image que l’on peut avoir d’un voyant, il est jeune (la quarantaine), avenant, porte un jean et un pull. Bref, bien dans son temps et dans ses baskets.

 

Il me demande mes prénoms de naissance et ma date de naissance. Il les note et commence à agiter son pendule au-dessus de la photo de sa grand-mère. Étrange. Il m’explique qu’il communique avec elle depuis l’au-delà, qu’elle avait le don lorsqu’elle était en vie. Il me dit également qu’il est médium, ce qui veut dire qu’il fonctionne par flashs, et qu’il ne tire les cartes que dans un second temps « car sinon c’est de l’interprétation humaine et je ne veux pas de ça ». Il pourrait tout autant lire l’avenir dans le marc de café, ça me ferait le même effet. Tout cela est très surréaliste, évidemment.

 

Vont suivre les 5 minutes les plus hallucinantes de ma vie. Il me dit :

 

« Je vois des études, une reprise d’études peut-être ? » J’acquiesce, sans lui donner plus d’informations. « Je vois le chiffre « 2 », c’est en deux ans ? C’est la deuxième année ? » Je lui explique que j’intègre directement en 2è année de licence, sans lui donner plus d’indications. «Je vois un trouble alimentaire » Je réponds que non merci, tout va très bien ! Il insiste, sûr de lui. J’ose un timide « Je suis végétarienne », il me confirme que ça rentre dans ce qu’il appelle les « troubles alimentaires » et autres régimes alimentaires spécifiques. « Je vois des études de droit et de commerce ». J’ai fait en effet une année de droit « pour du beurre » suivie par 5 années d’école de commerce. « Je vois un T2, vous vivez avec votre ami ? » Je confirme. Il me demande son prénom et sa date de naissance et me dit à son sujet : « Il a une double personnalité, il est à la fois très doux, très calme, mais aussi très ambitieux, il ne vit que pour les challenges. Et il aime la mer, cet homme-là ». Là encore, il a tout bon. Il continue sur sa lancée : « Vous écrivez, non ? Vous avez un blog ? » Je confirme.

 

Autant dire que je suis bluffée. Visions ? Déductions ? Peu importe, ça marche. Mais à partir de là, tout va partir en cacahuètes. Il me dit pêle-mêle que je ne suis plus amoureuse de mon ami, mais que je n’ai pas le courage de le quitter. Je ne réagis pas. Qui ne dit mot consent, il poursuit donc sur sa lancée et affirme que je l’ai trompé. « Euh…non ! » « Ah, si, elle me dit que vous l’avez trompé ». « Et bien elle se trompe, Mamie Mougeot, là ! » « Alors vous allez le tromper, en octobre. » Face à la gravité de ces propos, je m’autorise à réagir en lui disant que ça ne serait pas très glorieux de ma part. Il me dit également que je vais le quitter en novembre.

 

Inutile de préciser qu’en cet instant, je sens mon esprit critique qui commence à me démanger sérieusement…

 

Il enchaîne avec mes parents, qu’il va rhabiller pour l’hiver. Nous ne nous entendons pas, ils ne me soutiennent pas, et ma mère est très froide avec moi. Et vlan. Heureusement pour moi, la réalité est à l’opposé de ce qu’il affirme. Quant à ma sœur, elle est triste dans son couple, sans pour autant envisager une séparation. Il prédit un enfant pour 2018 (ils sont mariés, amoureux depuis 10 ans, et ont déjà 3 enfants). Elle a été déçue par une amie à elle, ce qui l’a poussée à faire le vide autour d’elle, elle est très seule (ma sœur est HYPER sociable, elle a une bande de copines très soudée qu’elle voit tout le temps) Il n’arrive pas à déterminer dans quel secteur d’activité je vais reprendre mes études, je dois donc lui dire qu’il s’agit de la psychologie.

 

Et là, le clou du spectacle : « Ah oui, je vois que vous allez réussir vos études, car vous êtes tenace, et vous allez atteindre votre objectif, puisque vous allez devenir médecin, vous allez être assermentée. C’est le serment d’Hippocrate. » Je crains d’avoir mal entendu. Une telle boulette, ça serait trop beau ! Je lui demande de répéter. « Bah oui ! Pour les médecins, c’est le serment d’Hippocrate, non ? » Je décèle une pointe d’agacement dans sa voix. Pffff quelle greluche inculte celle-là, elle ne regarde pas Dr House ou quoi ? Comment vous dire Monsieur le Médium que là n’est pas le problème et que le pauvre Hippocrate doit se retourner dans sa tombe… UN PSYCHOLOGUE N’EST PAS MÉDECIN ! Bouaaaaaa ah ah ah ah ah! Je me fends la poire intérieurement. Qu’est-ce qu’on s’amuse ici, je resterais bien pour prendre le thé, moi.  Évidemment, je m’abstiens de tout commentaire, mais mon esprit critique, lui, est opérationnel et tout ragaillardi.

 

 « Votre blog va vous permettre de vous faire remarquer, dans quelques années vous serez payée à la ligne pour écrire dans un magazine ou dans un journal, probablement dans la mode ». Pourquoi pas, on peut toujours rêver. Mais quand on sait que mon inspiration fashion du jour consiste à coordonner la couleur de ma ceinture à celle de mes chaussures, on est en droit d’en douter.

 

« Toutes vos copines sont à Nantes, vous devez faire le tri » Je n’ai quasiment pas de copines à Nantes, elles sont toutes dans d’autres villes voire d’autres pays ! Quant à faire le tri…il ne resterait plus grand monde.

 

Il me dit également que je suis très urbaine, que j’adore les grandes villes. (Je les déteste, c’est viscéral). Il me dit que suite à mes études je vais passer des concours et devenir fonctionnaire pour la DDASS en région parisienne. Je vais passer par une longue période de célibat (sympa) et rencontrer « le bon » en 2018-2019, ce sera un ingénieur en informatique qui porte des lunettes, danse la salsa, est végétalien, travaille pour Peugeot-Citroën, et a deux filles qui auront 12-13 ans. La description a le mérite d’être précise ! Là je me permets d’intervenir en lui disant que ça m’étonnerait, puisque j’ai déjà vécu une situation similaire et j’ai toujours dit que PLUS JAMAIS je ne partagerais ma vie avec un homme ayant des enfants. Il confirme « Vous n’aurez pas d’enfant à vous, mais je vois très clairement qu’il a deux filles ». Il me dit aussi que notre relation sera« intéressante » mais aussi pleine de frictions. Etant donné que je déteste les conflits, je ne vois pas trop comment une telle relation pourrait être « intéressante » pour moi. Seuls points positifs à ce tableau très noir : je vais beaucoup voyager, notamment en Asie du Sud-Est, et je deviendrai enfin propriétaire en 2018-2019. (pas de bol, je le suis déjà, mais ça il pouvait difficilement le deviner vu mon jeune âge).

 

Par contre, il n’a pas « vu » que j’avais eu un gros coup de fatigue tout récemment, que je travaillais avec mon père (ce qui est suffisamment rare pour être mentionné), que j’adorais les chats (il est certain que ce sera un axe de ma vie très fort ces prochaines années, puisque ça l’est déjà aujourd’hui), et que j’avais aussi un frère ! Entre autres.

 

Je sens qu’à la fin de la consultation, il commence à gigoter sur sa chaise. Mon silence et ma retenue le mettent sans doute un peu mal à l’aise. Il a envie que cette consultation se termine, pas besoin d’être médium pour s’en rendre compte !

 

Je repars, un peu chamboulée par cette expérience. Les premières minutes ont été surprenantes, je pense qu’il n’est pas impossible qu’il ait eu quelques flashs ou qu’il ait « senti » certaines choses. Par contre il est évident que le reste du temps, il invente, brode, essaye de déduire en fonction de votre allure, de vos gestes, de vos réactions (ça dure une heure, il faut bien la remplir !). C’est extrêmement dangereux et totalement irresponsable. Une personne un peu fragile ou influençable ressortira de ce rendez-vous complètement démoralisée (Je déteste Paris, je détesterais quitter Nantes, je détesterais être fonctionnaire, je détesterais vivre avec les enfants d’un autre, et pourtant à l’entendre c’est ce qui m’attend !), et avec des questions qui n’ont pas lieu d’être (Mon amoureux, je l’aime, mais bon peut-être qu’en effet entre nous ça va moins bien depuis quelques temps ? Et mes parents, peut-être qu’ils me soutiennent moins qu’ils le devraient ? Et ma sœur, je n’ai rien vu venir, est-ce-qu’elle est heureuse dans son couple ?)

 

J’ai du mal à comprendre comment on peut décemment agir de la sorte. Je n’ose imaginer le nombre de personnes qui ressortent de là en ayant l’impression d’avoir eu de réelles réponses à leurs questions, et qui vont faire des choix de vie qu’ils n’auraient peut-être jamais imaginé faire s’ils n’avaient pas croisé la route de ce soi-disant médium.

 

En tout cas depuis ce rendez-vous, je me sens très inspirée. J’ai eu quelques visions de mon cru au sujet de Monsieur le Médium, laissez-moi vous en faire part :

 

Il est amoureux de sa mamie et ne s’est jamais remis de son décès, ce qui a causé une homosexualité refoulée. Il a toujours rêvé de présenter la météo à la télé mais à défaut il se contente de faire la pluie et le beau temps pour le commun des mortels. En 2018-2019 il va tomber amoureux d’un Eduardo qui est plombier, porte des slips en peau de chameau, a un chien qui s’appelle Marcel et qui a des problèmes d’incontinence (le chien, hein, pas Eduardo), et ils vont vivre ensemble une folle passion faite de hauts et de bas puisque Eduardo est bisexuel et est aussi amoureux de Natasha, une Russe plantureuse à tendance suicidaire. Mais bon, dans l’ensemble, ça sera une relation très intéressante. Oh, et puis, une dernière chose : attention aux problèmes d’hémorroïdes, parce qu’à force de rester assis toute la journée, ça peut finir par picoter… Voilà, longue vie à vous et bon courage. Ca fera 60 euros.

 

Et oui, ça t'en bouche un coin, moi aussi je communique avec un Esprit... c'est mon esprit critique, pardi!  

 

 

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 16:34

Les signaux étaient là pourtant. Discrets, mais bien présents. Je me réveillais le matin en étant plus fatiguée que la veille, les mâchoires crispées et douloureuses. Je ne disais pas « je suis fatiguée », mais « je suis épuisée ». Les soucis s’accumulaient, l’anxiété et le stress aussi. Le week-end, la simple idée de devoir me mettre à faire le ménage me donnait envie de pleurer. Je n’avais simplement plus la force.

 

Samedi dernier, quand le réveil s’est mis à sonner, immédiatement j’ai fondu en larmes. Je ne savais pas comment j’allais réussir à passer la journée, où j’allais bien pouvoir puiser l’énergie. Et comme tous les autres matins, je me suis levée, et j’ai fait ce qu’il y avait à faire. Avec une énergie et un enthousiasme décuplés. C’est paradoxal mais c’est ainsi. Sans doute ce qu’on appelle « l’énergie du désespoir ».

 

La journée est passée. Et dimanche, au réveil, après une grasse matinée (la seule de la semaine), j’ai senti que quelque chose ne tournait pas rond. J’avais des vertiges et les jambes en coton. Mon cœur battait la chamade. Etre debout me coûtait énormément. Je n’avais même pas assez d’énergie pour regarder la télévision. J’ai mangé, et je me suis recouchée. J’ai passé la journée à dormir.

 

Le soir venu, je me suis levée pour aller aux toilettes. Dans la salle de bains, j’ai senti que mon corps ne me répondait plus. J’ai commencé à paniquer, je pleurais, je tremblais. Et mes jambes m’ont lâchée. Je me suis effondrée. J’étais bien consciente mais mon corps était aux abonnés absents. Mon ami m’a relevée. Je n’étais plus qu’un poids mort, qu’il a traîné comme il a pu jusqu’au lit. Je me souviens que j’ai pris grand soin de garder les yeux fermés. Je n’arrivais pas à les ouvrir, et je n’en avais pas non plus très envie. Les ouvrir, c’était rejoindre un peu le monde extérieur, et l’affronter. Là au moins, je pouvais me reposer, rester bien au chaud à l’intérieur de moi, pour ne pas me perdre. Surtout, garder les yeux fermés.

 

En attendant le médecin, j’étais au fond du gouffre, mais j’étais soulagée aussi. Dans cet état, je n’avais plus à me soucier de rien. Personne, pas même moi, mon pire ennemi, n’était en droit d’attendre quoi que ce soit de ma part. Car si j’avais été dans un état « normal », j’aurais du sortir le chien, donner à manger aux chats, changer leur eau, préparer à manger, faire le ménage, ranger, et commencer une nouvelle semaine. Je ne me suis même pas inquiétée de savoir qui allait gérer à ma place. Je me suis simplement dit que moi, je n’avais pas à le faire. Ne rien faire, ne rien savoir, ne rien demander, ne pas s’en inquiéter. Juste, garder les yeux fermés. Et lâcher prise.

 

Le médecin a diagnostiqué une crise de spasmophilie, il m’a donné un calmant et m’a arrêtée pendant deux semaines. Depuis, je récupère doucement. Dès que je suis un peu trop fatiguée ou un peu trop nerveuse, je ressens comme une pointe douloureuse dans mon cœur qui se met à battre la chamade. Je marche 5 min et je suis essoufflée comme si j’avais couru le marathon de New York. Je n’ai plus aucune énergie. C’est assez dur à vivre, surtout quand on a l’habitude d’être actif. Un point positif : j’ai commencé la sophrologie. J’apprends à inspirer, à expirer, à me reconnecter à mon corps et à mon diaphragme (si si c’est possible, la dame l’a dit). Et je profite de ces 15 jours pour repenser ma vie.

 

Car il y a des leçons à tirer de tout cela. Rien n’arrive par hasard.

 

Leçon n°1) Il faut que je devienne ma propre priorité et que j’arrête d’absorber les problèmes des autres. Mon père est stressé au boulot ? Hop, j’absorbe son stress, et je suis moi-même dans un état proche de la syncope. Mon ami est angoissé par sa charge de travail, broie du noir ? Hop, je m’approprie tellement ses problèmes que je les vis avec lui, pour lui. Ma meilleure amie me raconte sa rupture au téléphone ? Hop, je me mets à pleurer comme une madeleine. Je suis incapable de prendre de la distance. Je suis une éponge. Appelez-moi Bob.

 

Leçon n°2) J’ai également pris l’habitude depuis quelques temps de m’occuper des autres comme j’aimerais que l’on s’occupe de moi. Comme si l’univers allait envoyer un puissant message subliminal à mes proches : « Eh dis donc, tu as vu Pépette comme elle se donne du mal pour tout le monde ? Ça serait bien de s’occuper un peu d’elle, non ? Ça lui ferait du bien, tu crois pas ? » C’est malsain. On ne peut donner en attendant un retour, c’est mettre trop de pression sur le dos des autres et s’installer dans une spirale d’échec et de déception. Mais pour l’instant je ne peux m’en empêcher, car je ressens ce besoin viscéral de retourner à un état Enfant, où les autres s’occupent de vous, où vous n’avez plus à être le leader. Leader de votre vie, leader de votre boulot, leader de votre couple, leader de votre reconversion, leader de votre bonheur et de celui des autres. Je suis un leader hyperactif. Appelez-moi Nicolas.

 

Leçon n°3) Je dois apprendre à prendre du recul, à lâcher du lest, et à déculpabiliser. Je suis extrêmement exigeante avec moi-même et avec mon quotidien : tout doit être propre, bien rangé, et notre alimentation doit être saine. Je me sens mal quand ça n’est pas le cas, et d’un autre côté ces tâches m’horripilent, et ce qui m’horripile encore plus ce sont toutes les questions qu’elles génèrent et que je suis la seule à me poser. Que va-t-on manger ce soir ? A quelle heure je vais faire mes courses ? Il faut vite que je lance la machine de draps pour qu’ils soient propres à temps et que je puisse lancer la machine de blanc pour la semaine. Est-ce-qu’il reste du pain pour demain matin ? Allez vite vite, il faut passer un coup d’aspirateur. Mince, les vitres sont dégoûtantes, quand est-ce-que je vais avoir le temps de les faire ? Ah oui, et je dois aller acheter les croquettes du chat, mais avant il faut que je passe récupérer ma voiture chez le garagiste. Je vais en profiter pour descendre la poubelle parce que ça fait deux jours qu’elle déborde.

 

Toutes ces micro tâches inintéressantes polluent mon quotidien et m’isolent. Je me surprends à en vouloir à ma moitié de ne pas s’en préoccuper, mais est-ce-que je ne devrais pas plutôt prendre exemple sur lui ?

 

Tout ne peut pas être parfait. Oui, les chats ça met des poils partout, non, on ne peut décemment pas passer l’aspirateur dix fois par jour. Oui, il faut manger 5 fruits et légumes par jour, et non ça n’est pas toujours possible (d’autant que les fraises Tagada, ça ne compte pas). Oui, il faut faire du sport, et non, ça ne doit pas être une corvée. Oui, c’est à moi que revient, en tant que femme, la tenue de la maison, et non, je ne suis pas d’accord. Je suis une desperate housewive. Appelez-moi Lynette.

 

Vous l’aurez compris, la clé pour moi, c’est prendre du recul. Car il y a bien des femmes qui ont une tripotée d’enfants, un travail très prenant, un mari peu aidant, du stress par-dessus la tête, et qui s’en sortent. Comment se fait-il alors que moi, qui suis très loin de ce cas de figure, j’en sois arrivée là ?

 

Il faut re-la-ti-vi-ser.

 

Et inspirer, expirer, inspirer, expirer…

 

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